Elle vient d’être inhumée à Kléssoum, un village situé à moins de 20km de N’Djaména sur la route de Linia
 
Il était 8h20mn en cette matinée du 9 octobre à la morgue de l’Hôpital Général de Référence Nationale de N’Djaména. Un groupe de parents, les fans, les artistes sont venus pour la levée du corps. C’est le silence total et l’émotion se lis dans les visages. Une dizaine de minutes après, la dépouille quitte l’hôpital pour le domicile de la Cantatrice au quartier Ardep-Djoumbal à quelques mètres de la paroisse de Kabalaye ou de nombreuses personnes attendaient. 8h45mn, le cortège arrive au domicile. Sans commentaire, la prière commence et au bout d’une dizaine de minutes, les parents prenne le corps et le mette dans une Toyota, direction Kléssoum pour son inhumation. 
 
 
© journaldutchad.com 
la prière devant la concession de la maman avant le départ pour l’inhumation
Elle a marqué tout son pays

«Nous n’avons été pas informés qu’elle était malade. La maman restera gravée dans nos mémoires. Elle a trop fait pour son pays et sa musique reste comme souvenir pour plusieurs générations», lance un jeune tout triste domicile de la diva. Chacun tenait à rendre hommage à cette Diva. «(i Elle une icône, elle est unique et il n’y a pas une deuxième. Elle symbolise tout un pays et elle reste une référence. Maman est une grande lumière et elle continuera à nous éclairer)», témoignage de Nocky Djédounoum qui a travaillé plusieurs fois avec la Diva dans Fest’Africa maisn aussi dans d’autres manifestations culturelles. 

Pour le Ministre de la Culture, Khayar Oumar Defallah, la disparition de la cantatrice est une perte immense pour la musique traditionnelle et surtout pour la culture tchadienne dont elle faisait la fierté. «Maman Eldjima a su marquer de son empreinte la chanson et la musique traditionnelle tchadienne et a inspiré toute une génération d’artistes dans tout le spectre du chant et de la musique. Elle a su symboliser la chanson.» En cette douloureuse circonstance, le ministre exprime ses sincères condoléances à la famille, aux amis, à tous ceux qui ont connu et aimé la chanson et la musique de maman Eldjima. Bien que l’âge ait fait son œuvre, elle n’était jamais fatiguée et est toujours présente à des manifestations culturelles. Sa toute grande sortie date d’il y a quelques mois, lorsqu’elle a été invitée par Me Bechir Madet à Kolobo5 (Sud du pays) situé à plus de 200km au sud de N’Djaména pour l’ouverture du centre culturel. Une occasion en or pour beaucoup de personnes de découvrir non seulement la Diva mais l’autre baobab Alifa Daye qui avait joué en duo avec la maman ce jour là.

 
 
 
Qui était maman Eldjima?

Née Vers 1945 à Barmala (Massenya) dans le Chari-Baguirmi, maman Eldjima de son vrai nom 
Ildjima Kada-Yanga a commencé à chanter depuis le règne du premier président Tchadien Ngarta Tombalbaye en passant par Habre ,Goukouni et Deby. Elle a était connue à travers tout le pays, surtout que sa musique touchait et ne laissait personne indifférent. Quand elle était sur scène pour chanter, dans un élan et en cœur, les fans l’entouraient pour danser. Ildjima Kada-Yanga chantait l’histoire du royaume du Chari-Baguirmi dont-elle est issue. «J’ai commencé à chanter dès mon bas âge. La première fois où je me suis produite en public, c’était lors d’une cérémonie à Balimba au sud du Tchad à laquelle le président Tomblabaye était présent», disait-elle, il y a quelques années à son domicile. Pourtant, sa famille s’opposait quand elle a commencé à chanter. Elle s’est battue et a été comprise plus tard. «Mon grand-père qui était un grand cultivateur bien connu ne voulait pas voir sa fille devenir une chanteuse. Pour mon grand père, la musique était réservée aux descendants des griots», ajoutait la maman. Reposes-toi Maman Ildjima 
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