Les États membres de l’UE peinent à s’entendre sur une position commune vis-à-vis d’une présidentielle entachée de soupçons de fraudes. Malgré la publication des résultats définitifs et le rejet des recours par la Cour constitutionnelle, la prudence reste de mise.

L’élection présidentielle qui s’est tenue au Tchad le 6 mai a provoqué de nouvelles dissensions au sein de l’Union européenne (UE). Les États membres peinent à trouver une position commune sur la position à observer vis-à-vis du déroulement du scrutin, entaché de soupçons de fraudes, et sur le message à envoyer à Mahamat Idriss Deby, dit « Kaka« , qui a obtenu 61 % des voix.

L’ambassadeur européen à N’Djamena, Kurt Cornelis, appuyé par certains États membres, souhaite envoyer un message de fermeté au président élu. D’autres, à l’instar de la France et de la Hongrie, se montrent néanmoins réticents à adopter une position trop ferme à l’égard de N’Djamena.

Financement retardé

L’UE s’est pour l’instant contentée d’un communiqué laconique, publié le 13 mai, soit quatre jours après l’annonce de la victoire de Kaka. Elle se contente d’y prendre « note du déroulement du premier tour […] et de la publication des résultats provisoires », tout en prenant soin de ne pas citer le nom du vainqueur. Bruxelles déplore par ailleurs « la non-accréditation d’un nombre important d’observateurs de la société civile à la veille du scrutin ».

Initialement prévue le 21 mai, la publication des résultats définitifs de l’élection a eu lieu jeudi 16 mai. Tous les recours déposés quelques jours plus tôt auprès de la Cour constitutionnelle, notamment le 12 mai par l’ancien premier ministre Succès Masra, crédité de 18,54 % des voix, ont été rejetés. Dès lors, l’UE se voit contrainte de s’accorder rapidement sur une position commune.

Face à ces incertitudes, l’UE a décidé de retarder le versement de près de 2,6 millions d’euros destinés au financement du processus électoral tchadien. Ces fonds, à propos desquels une décision de Bruxelles est attendue, font partie des 10 millions d’euros promis par l’UE dans le cadre du fonds commun d’appui à la transition politique créé en 2021 par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

De son côté, le président français, Emmanuel Macron, a adressé ses félicitations à Mahamat Idriss Déby le 17 mai, au lendemain de l’annonce des résultats définitifs, saluant au passage « le calme le jour du scrutin ».

La Lettre du Continent

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