L’arrivée au pouvoir du général Mahamat Idriss Déby plonge l’Union africaine dans un abîme de perplexité, entre les membres favorables à une condamnation du Conseil militaire de transition et ceux soucieux de travailler au plus vite avec lui.

Selon nos sources, le conseil paix et sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a chargé son président, l’ambassadeur de Djibouti en Éthiopie Mohamed Idriss Farah de conduire une délégation sur la crise tchadienne. Elle se rendra aujourd’hui à N’Djamena. Selon une décision du CPS du 27 avril, Farah (région est) sera accompagné des ambassadeurs à Addis-Abeba du Ghana (ouest), de l’Égypte (nord) et du Lesotho (sud). Doyen du corps diplomatique en Éthiopie et ancien doyen des ambassadeurs africains – titre désormais détenu par le Comorien Assoumani Youssouf Mondoha -, Farah tentera de faire taire les dissensions apparues au cours des dernières réunions du CPS sur le Tchad.

La nomination du fils du défunt chef d’État Idriss Déby, le général d’armée Mahamat Idriss Déby, dit « Kaka« , est en effet loin d’avoir convaincu tous les membres du CPS. La plupart des quinze pays de cette organisation sont favorables à une absence de condamnation à la suite de la reprise du pouvoir par les militaires du Conseil militaire de transition, sous la direction de Mahamat Idriss Déby. Ils travaillent à ce que le Tchad ne soit pas suspendu des instances de l’UA, comme c’est de coutume après l’arrivée au pouvoir de militaires. Cependant, l’unanimité ne prévaut pas encore.

Plusieurs piliers de l’UA, comme le Nigeria – très inquiet de la situation sécuritaire sur le lac Tchad avec Boko Haram -, ainsi que la plupart des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le Cameroun, tiennent fermement à cette ligne de non-exclusion du Tchad. Cependant, d’autres pays, notamment issus de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) comme le Lesotho – qui parle souvent au nom de l’Afrique du Sud – ainsi que l’Algérie et le Ghana, seraient plutôt pour une mise à l’écart immédiate.

Recherche de consensus

Le président de la commission de l’UA, le Tchadien Moussa Faki, et son collègue nigérian titulaire du super commissariat affaires politiques, paix et sécurité, Bankole Adeoye, se trouvaient à N’Djamena le jour de l’annonce du décès du président tchadien, le 20 avril. Les deux patrons de l’institution d’Addis-Abeba font tout leur possible pour appuyer un accompagnement du Tchad par l’UA, sans condamnation, ni mise à l’écart. La recherche d’un consensus est désormais dans les mains du diplomate djiboutien, habitué des négociations marathons à Addis-Abeba.

Du fait de l’obligation de prendre les décisions par consensus, les pays favorables au soutien du nouveau régime tchadien tentent de gagner du temps avec cette mission, rendant toute exclusion tardive plus difficile à prononcer.

Tchadanthropus-tribune avec la Lettre du Continent

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