Auditionnée en commission plénière, Chidi Blyden, assistante adjointe au secrétaire d’État à la Défense pour les affaires africaines, s’est longuement appesantie sur le cas du Tchad ainsi que la meilleure approche à adopter. Si le sénateur Bob Menendez, président de la commission sénatoriale des affaires étrangères, prône des sanctions contre le Conseil militaire de transition (CMT), Chidi Blyden a une approche beaucoup plus nuancée.

« Le Tchad reste l’un des partenaires les plus compétents de la région », a-t-elle laissé entendre. « Le Tchad a été l’un des six seuls pays du continent africain à approuver la suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Le Tchad est confronté à des menaces terroristes, à des crises humanitaires et à l’influence malveillante de la Russie dans sa propre région », a ajouté Chidi Blyden.

« Suggérez-vous que nous fassions comme si de rien n’était avec la junte militaire ?  En quoi cela refléterait-il les valeurs américaines, selon vous, et quel message cela enverrait-il dans toute la région, voire dans le monde entier, en continuant à soutenir une junte comme si le coup d’État n’avait pas eu lieu ? », a réagi Bob Menendez.

« Sénateur, je ne voudrais pas suggérer que nous devrions soutenir une junte. Je dirais qu’en se retirant et en ne s’engageant pas régulièrement avec les militaires et de nombreux gouvernements, nous sommes absents et que notre capacité à exercer une influence, que ce soit au niveau de la structure de gouvernance, même dans les formations où nous mettons l’accent sur les valeurs des droits de l’homme, où nous mettons l’accent sur une approche démocratique, a inhibé notre capacité à avoir un accès et une influence », a répondu Chidi Blyden.

Et d’ajouter : « je ne propose pas nécessairement que nous continuions à travailler avec les juntes, je pense qu’il est essentiel de pouvoir travailler et parler avec elles pour pouvoir faire état de notre influence. Leur parler est différent de s’engager dans une coopération de sécurité avec eux dans laquelle nous fournissons potentiellement des ressources ».

Le département d’État américain à la Défense propose « d’utiliser les ressources qui sont à (sa) disposition » pour « aider à consolider ces plans (de transition) afin de progresser vers un régime démocratique ».

Extrait de la réponse de la sous-secrétaire D’État à La Défense en charge de l’Afrique au sénateur américain.

« Le Tchad reste l’un des partenaires les plus compétents de la région et N’Djamena assure la présidence du G5 Sahel, mettre un terme à la coopération américaine en matière de sécurité risque d’affecter notre engagement bilatéral », a déclaré Blyden. « Alors que le Conseil militaire de transition travaille à un retour d’un gouvernement démocratiquement élu et dirigé par des civils, nous restons déterminés à soutenir le peuple tchadien. Le Tchad était l’un des six seuls pays du continent africain à approuver la suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Le Tchad est confronté à des menaces terroristes, à des crises humanitaires et à l’influence malveillante de la Russie dans sa propre région. Les États-Unis ont le potentiel de fournir une coopération significative en matière de sécurité pour former les services militaires et civils du Tchad, en particulier compte tenu de son rôle de contributeur de troupes à l’ONU et aux opérations de maintien de la paix régionale. »

Tchadanthropus-tribune avec Alwihda Info

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