Mise en place d’une lourde taxe téléphonique sur les appels internationaux entrants. Les autorités tchadiennes ont décidé de taxer tous les appels téléphoniques internationaux entrants à destination du Tchad à la charge, bien entendu, de l’usager qui reçoit les appels (de ses frères, sœurs, parents ou amis résidant à l’étranger).


Une loi a été adoptée ce lundi par les députés.

Le montant de la taxe sera de 50 Fcfa/minute à débiter du forfait ou du crédit téléphonique disponible. Ce qui signifie que pour recevoir un appel de 1 minute venant du Cameroun ou de la France par exemple, l’usager doit obligatoirement disposer d’un minimum de 50 Fcfa de crédit téléphonique qui seront automatiquement débités dès la réception du premier "allo !" Avis à ceux qui ne rechargent jamais leur téléphone par stratégie ou tout simplement parce qu’ils n’en ont pas les moyens. Qu’ils n’espèrent plus recevoir régulièrement des appels des frères, sœurs, amis, copains, copines, etc. en provenance des USA, du Canada ou de la France.

Voilà une taxe dont l’inconvénient n’est pas seulement de limiter les conversations téléphoniques  inutiles et illimitées de l’Occident vers le Tchad. Elle constitue un coup dur pour tous ceux qui, dans la galère depuis plusieurs mois, espèrent recevoir un appel inattendu d’un ami ou frère bienfaiteur qui leur annonce qu’ils pourront se rendre à l’agence bancaire la plus proche pour retirer un Western Union de 300 000 Fcfa, histoire de manger un peu plus décemment ou encore d’aider la famille à organiser la cérémonie de circoncision du petit dernier. Mais le but n’est-il pas aussi de rendre plus difficiles et coûteuses les correspondances téléphoniques pour les compatriotes avec ceux de la diaspora, dont des opposants toujours en quête de renseignements précis sur les magouilles et malversations des dirigeants véreux de ce pays ?.

En tout cas, les inconvénients seront multiples et énormes pour ceux qui ne vivent que de leurs salaires et qui n’ont aucune possibilité de piller les caisses de l’Etat comme le font les prédateurs patentés pour s’offrir quelques minutes de salamaleck ! Cette taxe nouvelle, dont le montant est exorbitant pour les maigres bourses de la majorité des travailleurs tchadiens, est destinée à « permettre au secteur de la téléphonie mobile de bénéficier de revenus additionnels pour son développement », a indiqué M. Atteib Doutoum, ministre des Finances et du Budget.

Autrement dit, les pouvoirs publics ont décidé de condamner les Tchadiens à renflouer les caisses vidées par les dirigeants véreux (un trou de plus de 20 milliards de Fcfa à la SOTEL selon les aveux mêmes du ministre des postes et Ntic, Abdoulaye Sabre Fadoul).

Les déclarations du ministre des finances selon lesquelles la taxe sera prélevée au profit de l’OTRT pour financer « le déploiement des infrastructures à large bande pour permettre aux consommateurs locaux l’accès au réseau à fibre optique » ne sont pas crédibles.

Nous ne serons point étonnés d’apprendre dans les mois prochains qu’un « homme d’affaires », membre du clan, a  remporté le marché de gré à gré pour opérer la collecte et la gestion des redevances (50F/minutes). A charge pour lui de reverser seulement 10% maximum à l’OTRT.

Si l’Etat a osé le faire pour les documents d’identité, il pourra le faire pour la téléphonie.

Au Tchad, la maffia estime sans doute qu’elle n’a pas encore suffisamment pillé le pays.

 

© Tchadoscopie

 

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