Passée inaperçue, la récente décision du gouverneur Lucas Abaga Nchama d’abaisser les taux directeurs de la BEAC illustre la dégradation financière de plusieurs Etats de la zone Cemac, dont la Guinée équatoriale, son pays d’origine. 

 

Fidèle aux mœurs de Malabo, le gouverneur équato-guinéen de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC), Lucas Abaga Nchama, n’a fait preuve d’aucune diplomatie le 8 juillet, à l’issue de la seconde réunion ordinaire du Comité de politique monétaire (CPM) de l’institution financière au titre de 2014. Organisée à Malabo, cette réunion a notamment convenu d’abaisser les taux directeurs. Ces taux déterminant les taux des découverts qu’elle autorise aux Trésors nationaux des six Etats membres de la Cemac, la BEAC a donc décidé de moins se rémunérer. Surtout, cette décision a été prise sans aucune concertation de Lucas Abaga Nchama alors que la BEAC est censée susciter les échanges lors de la définition de la politique monétaire de la zone. Sur le fond, les observateurs sont unanimes pour considérer cet abaissement comme injustifié au regard de la situation macro-économique de la Cemac, même si la BEAC le concède dans le communiqué final de cette rencontre : "Une accélération de la croissance à 6,1% en 2014 demeure insuffisante pour enclencher un véritable recul de la pauvreté dans la sous-région". 

La baisse des taux directeurs servirait plutôt à accompagner les Etats victimes d’une détérioration inquiétante de leurs finances publiques. Outre la Centrafrique, le Tchad mais aussi… la Guinée équatoriale sont principalement concernés en raison d’une croissance en berne. Lucas Abaga Nchama a donc réduit de facto sans que personne ne sourcille le coût des avances de trésorerie que son institution octroie à son propre pays. Très fort !


La Lettre du Continent

 

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