L’évolution hypertrophiée de la menace terroriste portée par la nébuleuse Boko Haram représente le plus grand péril pour la stabilité et l’intégrité territoriale du Nigéria, du Niger et du Cameroun. Ce sont ces trois pays qui payent le plus lourd tribut des exactions répétées de la secte islamiste. Aussi bien sur plan humanitaire avec l’afflux de réfugiés et de déplacés internes, mais aussi eu égard au nombre de civils et de soldats tombés sous les balles de Boko Haram, tout porte à croire que la menace djihadiste est une affaire qui concerne prioritairement et même exclusivement le trio Nigéria-Niger-Cameroun. Pourtant depuis janvier 2015, N’Djamena semble manifester un volontarisme inuit, qui surpasse même celui des principaux pays directement affectés, dans la mobilisation destinée à mettre fin aux exactions de la nébuleuse Boko Haram. Cela s’est traduit dans le soutien significatif apporté au Cameroun, mais aussi dans la promesse d’envoyer le plus grand contingent, soit 3500 hommes, dans la Force régionale mise en place pour combattre les hommes de Shekau. Le Benin, qui lui aussi n’est pas directement menacé, a contribué à cette force et manifesté sa volonté de stopper ce péril djihadiste. Mais contrairement au Tchad, il est resté très mesuré dans ses prétentions et ses actions. Cette implication et cette détermination du Tchad suscite des interrogations quant aux raisons et aux ambitions de son engagement. Qu’est-ce qui motive une telle mobilisation quand bien même il n’est pas directement menacé ? Quel peut-être l’agenda caché durégime de N’Djamena derrière un telvolontarisme? Cette note d’analyse se propose d’examiner les raisons et les ambitions de l’engagement tchadien dans l’offensive lancée contre Boko Haram. Cet examen pourra être un premier pas dans la compréhension des enjeux géopolitiquesen Afrique subsaharienne.


Cameroun-Nigéria-Niger: entre morosité et volontarisme


La prise en compte de la menace que représente Boko Haram par les pays frontaliers au Nigéria c’est faite assez tardivement. C’est par exemple en 2014 que le gouvernement camerounais commence à prendre la mesure du danger incarné par le mouvement djihadiste, et pourtant ce dernier opérait déjà en territoire camerounaisdepuis 2012. Mais malgré cette prise de conscience et la déclaration de guerre lancée par le président Biya à paris, ce n’est qu’en Octobre 2014 que la coopération régionale en vue de lutter contre Boko Haram commence à prendre forme. Malgré les promesses de la mise en place d’une force multinationale mixte au début du mois de novembre 2014, on n’en était encore au point mort en janvier 2015. Ce retard qui traduit une certaine morosité de la coopération entre les pays du Bassin du Lac Tchad, est symptomatique des divergences stratégiques et des différents diplomatiques entre ces pays. Mais en arrière fond, c’est le problème du déficit de leadership qui se pose de manière criarde. Aucun pays du Cameroun, du Niger et du Nigéria, qui représentent pourtant les pays les plus directement touché, n’a manifesté la ferme volonté de voire disparaitre nébuleuse Boko Haram.


Certains pays, comme le Cameroun, considéraient qu’il ne s’agissait là que d’un problème Nigéro-nigérian qui ne menaçait en rien l’intégrité et la stabilité de leur territoire. C’est pourquoi dans le cadre de l’opération émergence et alpha destinées à sécuriser les frontières nationales du Cameroun, l’objectif affiché n’était pas de combattre la secte islamiste, mais de démanteler ses bases arrière au Cameroun et d’édifier un rempart pour empêcher ces membres de pénétrer en territoire camerounais pour s’approvisionner. Donc le mot d’ordre était de laisser aux nigérians la gestion de leur crise interne. La présence des forces armées dans les zones frontalières au Nigéria ne visait qu’à limiter les dégâts collatéraux d’un conflit interne au Nigéria.


Le Nigéria lui-même n’a pas fait preuve de beaucoup d’activisme sur cette question. Rappelons que depuis 2014, le Nigéria n’a jamais organisé de sommet ou de rencontres internationales pour mettre fin à cette menace et pourtant, la même année, ce pays a subit les attaques les plus sanglantes jamais connues depuis la montée de l’insurrection islamiste en 2009. Gudlock Jonathan a d’ailleurs reconnu officiellement avoir sous-estimé la menace Boko Haram, ce qui explique l’immobilisme et l’attentisme de l’armée Nigériane depuis quelques années.


Le Niger pour sa part, a réagi comme le Cameroun en déployant à ses frontières méridionales un important dispositif fort de près 3000 hommes pour empêcher l’incursion des éléments de Boko Haram sur son territoire. Malgré le fait que ce pays ait abrité le plus grand nombre de refugiés nigérians, entre 70.000 et 90.000, rien n’indiquait qu’il était réellement déterminé à combattre les troupes de Shekau.


Cependant, depuis que le Tchad a marqué son engagement au coté des forces armées camerounaises au lendemain de la prise de la ville nigériane de Baga, on assiste à une véritable renaissance de la coopération sécuritaire entre les pays de la CBLT (commission du Bassin du Lac Tchad). Des sommets se sont tenus aussi bien à l’union africaine que dans la sous région. Et là, nombreuses sont les promesses qui sont nées notamment la décision de création d’une force multinationale mixte (FMM) de 7500 hommes qui serra portée à 8500 hommes à la réunion des experts organisée à Yaoundé. Cette mobilisation dénote un volontarisme des Etats de la sous région qui s’engagent résolument dans la lutte contre Boko Haram. C’est bien sûr l’engament du Tchad qui vient donner un nouveau souffle à cette coopération qui piétinait.


Les mobiles de l’engagement Tchadien dans la lutte contre Boko Haram


Qu’est ce qui explique ce messianisme tchadien ? Cette question est au bord de toutes les lèvres tant on s’étonne d’une telle implication d’un pays dont les intérêts stratégiques n’étaient pas directement menacés par le groupe 
djihadiste. En réalité c’est même l’entrée en lice des troupes tchadiennes dans le conflit qui a attisé l’ire du leader de Boko Haram vis-à-vis de N’Djamena, ainsi que des attaques dans le village de Ngouboua en guise de représailles. Bref l’intervention du Tchad auprès des troupes camerounaises l’a directement placé dans le collimateur d’Aboubacar Skekau qui l’a d’ailleurs signalé dans une vidéo postée sur la toile.


Ce qui est certain, c’est qu’il ne faut pas chercher dans une quelconque émotion les mobiles du volontarisme manifesté par le Tchad dans cette lutte. Prenant le partie du paradigme réaliste qui postule que les Etats, principaux acteurs internationaux, agissent sur la scène internationale dans l’unique but de préserver leurs intérêts nationaux, nous nous proposerons dans cette partie d’identifier ces intérêts économiques, stratégiques, humanitaires que N’Djamena cherche à protéger à travers son engament dans cette guerre asymétrique.


Les mobiles économiques


Boko Haram représente une véritable menace pour l’activité économique des pays membres de la CBLT et l’économie tchadienne a commencé à en pâtir. C’est l’une des raisons explicatives de l’intervention du Tchad dans cette guerre.


La chute vertigineuse des prix du brute a considérablement entamé l’économie Tchadienne et l’a amené à revois ses perspectives économiques pour l’année 2015. En effet, le Tchad a été obligé d’ajuster son budget dès fin décembre avec un déficit prévisionnel de 240 milliard de Fcfa. Pour compenser ce déficit qui risque de dégrader davantage le niveau de vie de la population au demeurant pauvre, il faut bien trouver des solutions pour éviter une baisse drastique de son pouvoir d’achat.


Cependant depuis un an et demi, la crise sécuritaire dans le nord-est du Nigéria a quasiment stoppé l’exportation du bétail Tchadien vers ce pays. Par ailleurs, l’importation des biens de consommation produits au Nigéria a changé d’itinéraire, ce qui a eu une incidence sur les prix des biens de consommation. En effet, au lieu de passer par le lac Tchad à bord des grandes pirogues, ces produits transitent désormais par le Niger. Ce qui provoque une augmentation des coûts de transport qui se ressent sur les prix à la consommation. Chose dangereuse pour un pays qui a essuyé début novembre 2014 des mouvements sociaux liés à la vie chère. Le président débit connait parfaitement le danger auquel son gouvernement est exposé si jamais ces mouvements éclatent et tient à la stabilité de son pays.


Toujours dans cette logique, N’Djamena redoute que la ville de Maroua tombe dans l’orbite islamiste, ce qui signifierait une fermeture de la route transnationale N’Djamena-Kousserie-Maroua, qui représente pourtant le canal de ralliement du Tchad au littoral camerounais. C’est-à-dire le port de Douala à partir duquel transite la majeure partie de ses approvisionnements et où sont exportés ses produits pétroliers vers l’Europe, puisque le Tchad est un pays enclavé qui ne dispose pas d’accès direct à la mer. Une instabilité au Cameroun porterait donc un coup dur à l’économie Tchadienne qui s’en trouverait considérablement affaiblie.


Voilà autant de mobiles économiques qui militent pour un engagement déterminé du Tchad dans cette guerre déclaré contre Boko Haram.


Les mobiles Humanitaires


La raison humanitaire qui a déterminé le Tchad à s’engager activement dans le conflit est la volonté de stopper l’afflux de refugiés nigérians sur son territoire. Les exactions répétées de Boko haram dans le nord-est du Nigéria, associées aux bavures des forces armées nigérianes ont entrainé la mort de nombreux civils ainsi que le déplacement massif d’un pan important de la population des zones affectées vers les pays voisins. Après le Niger et le Cameroun, c’est le Tchad qui abrite le troisième foyer de refugiés nigérians fuyant les attaques de Boko Haram. Un coût difficile à supporter pour N’Djamena quiredoute, en outre, que les violences de Boko Haram ne poussent davantage de civils à trouver refuge sur son territoire.


Par ailleurs, le Tchad attentif à l’expérience camerounaise, à tirer des leçons et entend bien s’en servir. Rappelons que l’arrivée de Boko Haram en territoire camerounais était en partie liée à l’infiltration de ses membres dans les vagues de réfugiés qui traversaient massivement la frontière camerounaise. Le Tchad est bien conscient de cela et n’entant pas permettre qu’un tel scénario se produise. Jusqu’ici, aucune cellule de dormante de Boko Haram n’a été identifiée sur le territoire Tchadien. Et même lorsqu’ils ont attaqué pour la première fois la localité de Ngouboua, les assaillants étaient obligés de traverser le lac Tchad en pirogue.


L’offensive de l’armée Tchadienne et sa détermination à juguler la crise sécuritaire s’explique par son désir de réduire la capacité de nuisance de Boko Haram de manière à enrayer les vagues successives et sans cesse croissantes de refugiés qui débarquent sur son territoire.


Les mobiles stratégiques


De N’Djamena à la zone contrôlée par Boko Haram, il n’y a qu’une cinquantaine de kilomètres. C’est cette proximité avec le l’épicentre de l’épouvantail djihadiste qui terrifie le pouvoir centrale Tchadien. En effet, L’un des attributs de Boko Haram est son aptitude à mener des incursions surprises, rapides et coordonnées dans les régions ciblées quelque soit le dispositif sécuritaire qui y est déployé. Et le déploiement massif des hommes de Shekau est un atout qui permet à la mouvance djihadiste de semer le plus grand carnage même si ces Hommes doivent y laisser leur vie. Un tel scénario peut facilement conduire à l’implosion du pouvoir central puisque la ville touchée sera N’Djamena, lieu autrement symbolique pour le pays.


Le Tchad est assiégé à ses frontières par des foyers d’instabilité. La crise libyenne à sa frontière septentrionale, la menace terroriste dans le sahel à sa frontière occidentale, l’instabilité au Soudan et en Centrafrique positionnés à sa frontière orientale et puis, le phénomène Boko Haram à sa frontière méridionale. A ces observations, viennent s’ajouter les pesanteurs de l’histoire politique du Tchad. En effet depuis des décennies, les principales menaces des régimes de N’Djamena viennent toujours des frontières. Le 
président Idriss Déby Itno l’a expérimenté lorsqu’il a renversé Hissène Habré en 1990, puis lorsque lui-même a failli être emporté par des rebelles venus du soudan en 2008. Surveiller de près les frontières pour étouffer dans l’œuf toute velléité de rébellion et empêcher la propagation des « guerres nomades », telle est la mission que c’est donnée le pouvoir central de N’Djamena. C’est cette obsession de sécurité aux frontières qui a déterminé le Tchad à s’investir avec autant d’ardeur dans cette lutte sans merci contre la mouvance Djihadiste.


C’est aussi le lieu de rappeler qu’un engagement rapide des forces tchadiennes ainsi que leur offensive précipitée présentent un double bénéfice : elle permet d’abord d’assiéger le groupe djihadiste depuis son épicentre, ce qui empêche sa progression vers les frontières tchadiennes et évitent un face à face direct entre Boko Haram et l’armée tchadienne sur son territoire, Ce qui pourrait se révéler très couteux en vie humaine. La présence du groupe islamiste dans la ville de Baga situées aux rives du lac Tchad émettait un signal d’alarme qui devait tout naturellement provoquer une réaction immédiate de N’Djamena.


Ensuite, l’autre bénéfice réside dans la manière dont le Tchad présente cette intervention. En effet, les intérêts stratégiques du Tchad sont effectivement menacés, mais l’intervention précipité de Déby auprès des forces camerounaises et dans le force multinationale mixte le positionne comme l’humanitaire qui vole au secours de ses voisins pour les libérer du péril terroriste. Présenter cette opération tchadienne comme une mission salvatrice facile bien entendu le soutien de la communauté internationale auprès de ce pays, ainsi que la levée rapide de fonds auprès des instances finances financières internationales sous le prétexte de compenser les efforts financiers investis dans la « mission salvatrice ». En témoigne les propos du ministre français des relations extérieurs qui a signalé que la France ira plaider la cause du Tchad auprès du FMI afin de faciliter l’octroie de l’aide économique en contrepartie de ses efforts sur le plan sécuritaires.


Mais au-delà de toutes ces motivations économiques, humanitaires et stratégiques qui justifient la détermination du Tchad dans cette guerre, il faut souligner les ambitions géopolitiques que ce pays nourrit depuis quelquesannées en Afrique subsaharienne.


La volonté de puissance du Tchad dans une région acéphale


Depuis quelques années, on note une volonté du Tchad d’apporter son soutien militaire sur tous les théâtres d’instabilité observés en Afrique subsaharienne. Cela c’est vérifiée sur le théâtre malien où les forces tchadiennes ont agit conjointement avec les troupes françaises de l’opération serval, mais aussi sur le théâtre centrafricain où il disposait du deuxième plus grand contingent, de l’ordre de 792 hommes, dans les forces de la MISCA qui pilotaient l’opération de maintien de paix en Centrafrique.


A cet effet, le volontarisme affiché par le Tchad dans le cadre de cette coalition constituée contre la nébuleuse Boko Haram, dénote une certaine volonté de ce pays d’affirmer son leadership dans la zone sahélienne et en Afrique centrale où, il faut le reconnaitre, aucun hégémon ne s’est véritablement manifesté depuis des décennies.


C’est dans cette logique que Michel Luntumbue et Simon Massock, affirment que : « Au cours de la décennie écoulée, le Tchad s’est employé à occuper, en Afrique centrale, les zones d’influence laissées en friche par d’autres États aux capacités bien plus importantes (Angola et Cameroun). En projetant une certaine puissance militaire en Centrafrique et aussi au Mali dans le cadre de l’opération Serval et des Nations unies, le Tchad semble vouloir se positionner en leader dans le système de régulation de la sécurité en Afrique centrale et même au Sahel » (« Afrique centrale : risques et envers de la pax tchadiana », GRIP, 2014). Ainsi, à travers sa projection militaire sur les foyers de conflictualité en Afrique, le Tchad cherche à construire une image de « stabilisateur hégémonique » ou encore de « leader bienveillant », pour reprendre les concepts chers aux internationalistes Charles Kindleberger et Robert Gilpin.


Cette assertion est corroborée par des faits d’actualité. En effet le retard accusé lors de la mise sur pied de la force multinationale réside en partie dans les désaccords qu’il y avait entre Abuja et N’Djamena sur la question de la coordination de cette force. Chacun de ses pays revendiquait le leadership dans cette coordination. Ainsi, l’installation du centre de commandement de la force multinationale mixte à Ndjamena représente une victoire diplomatique du Tchad et une confirmation, s’il en était besoin, de son statut de leader.


L’armée tchadienne est actuellement sur le front et entant démanteler la nébuleuse Boko Haram. Ses troupes très aguerris sur des terrains semi-désertiques ont contribué à la libération de plusieurs villes jadis placées sous le contrôle des islamistes. Cette projection de la puissance de feu de N’Djamena fait de ce pays une pax militaria mais pas encore une pax Tchadiana puisque les autres attributs tels que les ressources économiques (hard power), une capacité à exporté ses valeurs (soft power) et l’acception de son leadership par ses pairs, ne sont pas encore réunis pour en faire une véritable puissance régionale. Cependant sa capacité de projection militaire et le volontarisme affiché par le président Débycontribuent à faire du Tchad un des garants de l’ordre régional et acteur incontournable en Afrique subsaharienne.


Conclusion


Soyons d’accord qu’il ne faut pas aller chercher dans des motivations philanthropiques les mobiles de l’engagement et de la détermination tchadienne dans cette offensive de la coalition contre Boko Haram. Bien qu’il souhaite intervenir dans cette opération sous la bannière humanitaire, force est d’admettre que les intérêts vitaux du Tchad seront éminemment menacés si la crise se prolonge et si ses voisins tombent dans l’instabilité. C’est donc en stratège averti qu’Idriss Déby engage cette guerre préventive pour épargner son pays d’un désastre économique, humanitaire et même sociopolitique qui résulterait de l’extension du périmètre djihadiste. En outre, derrière le déploiement spectaculaire des troupes tchadiennes et le volontarisme à toute épreuve de N’Djamena, se cache une volonté manifeste 
d’imposer son leadership auprès de ses pairs et de se poser en garant de la stabilité en Afrique subsaharienne. D’ailleurs, la crise sécuritaire au Nigéria sonne pour le Tchad comme une aubaine pour prendre le contre pied du géant nigérian et lui ravir le statut de puissance militaire dont il jouissait depuis son intervention réussie dans la crise en sierra Léone. Mais devrait-on confier le rôle de gendarme de la sous-région à une puissance dont on connait aujourd’hui la responsabilité dans le déclanchement des crises sécuritaires qui ont secoué respectivement le Soudan et la Centrafrique ?

© Correspondance : NKALWO NGOULA Joseph Léa, Etudiant en Etudes internationales à l’Université de Douala 

 

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