08/07/2016: TCHAD/Corruption: Encore et encore le président Idriss Déby remue le couteau dans la plaie : Extrait de l’observation de notre compatriote Lyadish Ahmed. À l’issue de la prière de l’Aïd-el-Fitr, le président Idriss Déby s’est adonné à son habituelle "homélie" sur les questions d’ordre politique et social qui secouent le pays. Et sans surprise, il a remis au goût du jour l’inévitable préoccupation pestilentielle qu’est la corruption généralisée dans la fonction publique et le détournement des deniers de l’État par des personnes bien placées. Les caisses de l’État sont siphonnées. Il faut bien trouver une explication pour justifier les retards inadmissibles de paiement des salaires.

Extrait :

"Je voudrais saisir cette opportunité, pour relever un certain nombre de préoccupations qui méritent une attention toute particulière. Il s’agit de la corruption et de la dilapidation de nos maigres ressources. Aujourd’hui, la notion de l’intérêt général et de la chose publique ne préoccupe plus personne. Certains fonctionnaires se livrent allègrement et à cœur joie au détournement des deniers publics. Cette course effrénée à l’enrichissement illicite est simplement inadmissible tant cette dérive à la fois morale et spirituelle compromet sérieusement le progrès et le développement du pays.


J’invite le Gouvernement à prendre les mesures appropriées pour combattre avec force et vigueur les corrompus, les corrupteurs et tous les auteurs des actes de détournement des biens publics (…)"


En somme : dénonciation de faits de corruption et de détournements par le premier magistrat du pays et ordre au gouvernement d’engager une lutte sans complaisance contre les corrompus.

Du déjà entendu, me direz-vous et vous n’avez pas tort. Le site internet Tchadoscopie avait recensé en début d’année un catalogue de propos similaires tenus par le chef de l’État entre le 8 août 2011 et le 31 décembre 2015. Pourtant, durant cette période, plusieurs personnes, en particulier des hommes politiques haut placés, impliqués dans des affaires de détournement de deniers, n’ont pas été sérieusement inquiétées. Pire, ceux que la justice a réussi à condamner ont tout simplement été "réhabilités" par des décrets de grâce présidentielle que Déby accorde gracieusement à ses amis pour humilier les juges et discréditer la justice de notre pays. Pas le moindre bien mal acquis dont la confiscation était ordonnée par décisions judiciaires n’a été appréhendé et vendu aux enchères publiques. Les criminels en col blanc continuent à jouir paisiblement des produits illicites de leurs forfaits. Alors, pourquoi devrait-on croire Idriss Déby lorsqu’il nous ressasse un discours dont lui-même aura oublié le sens dès la fin de son homélie? Tant que le gouvernement et la justice seront entre les mains des corrompus, le Tchadien ne doit s’attendre à aucun prétendu assainissement. Je dis bien "aucun". 
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