La Convention Tchadienne de Défense des Droits de l’Homme (C.T.D.D.H) est profondément scandalisée par le classement sans suite par le Procureur de la République du dossier des militaires tchadiens disparus pendant les  dernières élections. Ces militaires  tchadiens, citoyens à part entière avaient été cruellement et arbitrairement torturés pour n’avoir pas voté pour le candidat IDRISS DEBY et leurs droits constitutionnels avaient été  violés en l’occurrence ceux relatifs au vote pour le candidat de leurs choix.

 

L’ouverture d’une information judiciaire par le parquet concernant cette affaire n’avait été obtenue que sur les pressions conjuguées de la société civile, des partis politiques d’opposition et de l’opinion internationale ; depuis lors, des mises en scène grossières accompagnées de montages médiatiques obscènes ont été effectuées par le gouvernement pour dissimuler des faits dont la gravité avait été relevée par tous les observateurs et l’opinion internationale.

 

La C.T.D.D.H condamne avec vigueur le classement sans suite de ce dossier dont l’importance n’échappe à personne ; classer sans suite ce dossier en l’état actuel des choses est d’autant plus  arbitraire que le procureur de la République ne s’était fondé que sur le cas de cinq militaires.

 

Les quarante trois militaires qui avaient réapparus (sur plus de soixante disparus) avant de regagner leurs domiciles  avaient été cantonnés pendant quelques jours dans un endroit isolé de la capitale où ils subirent des pressions ; pressions allant des menaces  de radiation de l’armée parfois des menaces de mort s’ils divulguent les tortures subies lors de leurs disparition ;  des grades avait même été promis à certains d’entre eux s’ils se taisent sur les brutalités  et autres violations de leurs intégrités physiques subis pendant cette période.

 

La Convention Tchadienne de Défense des Droits de l’Homme (C.T.D.D.H) estime qu’au vu des innombrables témoignages corroborés par les propres déclarations de certains militaires courageuses victimes de cette barbarie ainsi que la présence visible de traces de tortures sur leur corps ne lâchera jamais l’affaire jusqu’à l’établissement de la vérité.


Fidèle à lui-même, le Gouvernement en vue d’empêcher la divulgation de ces atrocités exercées sur ces militaires n’hésite pas à intimider et parfois de soudoyer certains de leurs parents afin d’étouffer la verité. Il existe même des familles qui n’ont pas jusqu’à ce jour, des nouvelles de leurs parents militaires disparus. Certaines d’entre elles se taisent de crainte de représailles de la part du gouvernement.

 

La C.T.D.D H exige qu’une enquête indépendante soit diligentée immédiatement pour faire la lumière sur ces atrocités et situer les responsabilités.

 

Fait à Ndjamena le 26 Aout 2016

Le Secrétaire Général

 

CONVENTION TCHADIENNE POUR LA DEFENSE DES DROITS HUMAINSC.T.D.D.H – BP : 5839 Ndjamena E mail : ctddh_organisation@yahoo.fr – Tel : +235 66267981 ; +235 92106983 Siege National : Avenue Oumar Bongo face à la Station- Service NIMRO

 

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