Et voilà que le Capitaine du navire Tchad qui navigue à vue en eaux troubles se rend compte que son navire coule lentement, mais sûrement. Autant pour moi, et voilà que le dictateur et Président à vie tchadien Idriss DEBY découvre l’ampleur du chaos, qu’il a sciemment instauré comme mode de gouvernance, en vingt-trois ans de règne sans partage, pour s’assurer une longévité au pouvoir, d’une part, et l’embourgeoisement des siens sur le dos du peuple tchadien, d’autre part.

A l’occasion de la fête de Tabaski, le dictateur tchadien Idriss DEBY déclare ainsi: "Plus de 30% des recettes de l’état prennent des directions inconnues". Il ajoute plus loin que: " Certains se retrouvent à Paris ou aux États-Unis ou ailleurs avec des valises. Le pays ne peut pas fonctionner de la sorte ! »

Tout cela nous rappelle étrangement, un extrait du discours qu’il a tenu lors de son investiture à la présidence de la République en 1996, à la suite des élections présidentielles truquées qu’il a osé prétendre remporter. En voici l’extrait: " La kermesse du désordre est terminée".

D’entrée de jeu, le dictateur et Président à vie Idriss DEBY est entièrement responsable de la désastreuse situation de notre pays, et en même temps comptable de son bilan, qui est pour le moins négatif sur tous les plans. Étant donné, qu’il se maintien indéfiniment au pouvoir par les armes, la violence et la terreur, personne n’ose lui demander de rendre compte sur sa gestion partisane, basée sur les pillages systématiques et piétinements de tous les textes de toute nature.

On ne peut pas dire que la bataille pour le redressement à minima de notre pays, qu’il envisage peut-être d’entreprendre est perdue d’avance, mais que le diagnostic incomplet de la lamentable situation qu’il vient d’établir  ne va pas dans le bon sens, et donc n’aide pas à changer le cours de choses. Et pour cause, dans cette déclaration, qui dans une autre contrée aurait eu un impact immédiat sur la manière dont les affaires publiques sont conduites, il n’y a nulle trace de remise en cause sur l’origine de ce mafieux système, qui a ouvert une brèche à l’enrichissement illicite à tout prix et par tous les moyens, et dans laquelle tout le monde presque s’est engouffré, et qui étrangle de plus en plus le peuple tchadien chaque jour passant, engendrant ainsi cette défaillance caractérisée de l’Etat tchadien.

Lorsqu’une infime partie de la population, à commencer par les membres de sa propre famille, outrepasse toutes les règles en vigueur en toute impunité, exproprie et s’approprie de tout, s’arroge de tout que ce soit dans le secteur public ou privé, dispose du droit de vie et de mort sur tout citoyen tchadien, et que tout s’élabore, se décide et s’exécute dans notre pays en fonction de son intérêt égoïste, au détriment bien évidemment de l’intérêt général, ruine tout sur son passage, rien d’étonnant qu’on en arrive en fin de compte à cette situation unique dans son genre.

Il n’existe pas de solution miracle prête à l’emploi pour redresser un pays en déroute, tant qu’au même moment, les dirigeants du pays en question sont obsédés  à l’idée de s’affranchir des textes censés régir et garantir le fonctionnement normal, et régulier de l’ensemble des institutions d’un pays. Le peuple tchadien et l’opinion internationale jugeront le dictateur et Président à vie tchadien Idriss DEBY, dans les jours à venir, sur actes et non sur parole.

Mahamat Saleh ABDERAHIM DAHAB

 

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