« Mon premier gouvernement était un gouvernement de jeunes. C’était pour moi une question de principe. Nos grands frères ont failli. Ils ont fait trop de mal à ce pays. Certains anciens hommes politiques ont créé des partis par pur suivisme, par déception. Sans conviction aucune. Ils n’ont pas tort. La lutte politique au Tchad est de qualité médiocre. Je suis déçu. Les jeunes ne veulent pas s’affranchir de la tutelle des anciens ; ils ne cherchent pas à s’affirmer. Ils se confinent dans leur région, leur tribu. Ils se plaisent à être couvés sous les parapluies. Quel héritage laisserons-nous aux générations futures ? Je sais que beaucoup de jeunes sont bloqués par cette histoire d’expérience invoquée dans les recrutements, etc. Mais l’expérience, tout le monde peut l’avoir. Nous avons une administration qui fonctionne encore selon les règles de l’administration coloniale.


Il faut former les jeunes en masse pour les faire travailler ensuite. Je ne peux pas réussir sans les jeunes, sans leur appui. Ce qui est dommage, c’est que très peu de jeunes arrivent à s’imposer ; très peu arrivent à s’imposer en tant que force politique et force intellectuelle ».

 

Et demain le Tchad – Verbatim p. 164 (Ali Abdel-Rhamane Haggar) 

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