Parti en fin de matinée de N’Djamena alors qu’il était attendu en Egypte depuis la veille, le Tchad a finalement rallié le pays des Pharaons. Où le miracle n’a pas eu lieu puisque les Sao se sont lourdement inclinés (4-0). A qui la faute ?


17h30, aéroport de Borg El-Arab, Egypte. Parti en fin de matinée, un vol militaire en provenance de N’Djamena vient de se poser sur le tarmac. A son bord, l’équipe nationale du Tchad venue disputer son match retour de Coupe du monde, programmé… une heure plus tard ! Une échéance ô combien importante pour les joueurs de Modou Kouta, tombeurs samedi (1-0) du septuple vainqueur de la CAN. Pas question pour son capitaine Ezéchiel Ndouassel, héros et buteur à l’aller, de ne pas honorer ce match, quel que soit l’état physique et psychologique d’un groupe qui vient de vivre vingt-quatre heures compliquées…

 
Jusqu’au départ en effet, les Sao ont hésité à grimper dans ce vol si particulier. Ils ont fait savoir aux autorités qu’ils attendaient le versement de leurs primes de victoire. Ils se sont aussi étonnés d’être coincés dans la capitale alors qu’en toute logique, ils auraient déjà dû se trouver en Egypte la veille (au moins) de ce match. Difficile, dans ce contexte, de penser au match. Finalement, les Sao ont bien embarqué. Mais le cœur n’y est pas, la mission paraît compromise. En Egypte, il n’est en tout cas pas question de décaler le coup d’envoi prévu à 18h30 locales.


Les Pharaons d’Egypte sont en plein échauffement. Face à eux, l’adversaire n’est pas encore arrivé. Le Tchad débarquera sans malheureusement pouvoir s’échauffer convenablement.


17h 50, au stade de Borg Al-Arab, distant de trente kilomètres d’Alexandrie. Les Pharaons d’Egypte sont en plein échauffement. Face à eux, l’adversaire n’est pas encore arrivé. Les Sao tchadiens continuent leur match contre la montre, entamé la veille, et tentent de rallier le plus rapidement possible ce stade qui, pour la circonstance, accueille 25 000 supporters. Le Tchad débarquera sans malheureusement pouvoir s’échauffer convenablement, on va s’en apercevoir rapidement.

 

Après dix minutes l’affaire est déjà pliée : El Nenny d’une frappe sous la barre (4e) puis Abdalla El-Saied (10e) de la tête ont placé l’Egypte en tête. Ahmed Hassan Koka (Braga, POR) corsera l’affaire d’un superbe doublé avant la mi-temps (36e, 40e). A 4-0 à la pause, le Tchad est submergé, laminé. La défense paraît perdue sur le gazon de Borg el-Arab. En seconde période, le sursaut d’orgueil s’est enfin produit, le Tchad s’est ressaisi. Et Dillah Mbairamadji, le gardien de but, a multiplié les parades spectaculaires et décisives pour rendre l’addition moins salée. Au courage.

 

A l’heure des comptes, c’est certainement aux joueurs, premières victimes de ce manque d’organisation, que l’on demandera de s’expliquer sur le petit Waterloo sportif. Comme d’habitude. Eux pourtant n’auraient rien souhaité de mieux que d’être sur place bien avant. Aux autorités de tutelle, Ministère et Fédération en tête, de faire toute la lumière sur cette expédition qui aura tourné au cauchemar sportif.

 

Frank Simon

 

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