La situation qui prévaut au Tchad interpelle plusieurs compatriotes conscients des privations des libertés fondamentales, des violations des droits de l’homme, d’absence d’alternance démocratique d’assassinats et disparition d’opposants, et des diverses formes d’injustices. Malgré les obligations de tout un chacun, plusieurs camarades de la diaspora s’étaient déplacés pour venir exprimer leur solidarité avec les hommes et femmes devant l’Assemblée nationale française.

 

Ils étaient  venus nombreux de Paris, et environ et des provinces, pour exprimer leurs mécontentements face à la compromission de la France, du régime socialiste de François Hollande avec le régime dictatorial d’Idriss Deby.


Beaucoup de tchadien avait posé leur espérance quant à l’arrivée des socialistes au pouvoir en France. Le parti socialiste français a toujours fait corps avec les revendications logiques et justes du peuple tchadien. Pour plusieurs Tchadiens l’arrivée de François Hollande au pouvoir en France devrait permettre d’influencer le régime Deby d’aller vers une alternance au Tchad. Mieux, d’autres Tchadiens attendaient que vérité soit dite, et justice devraient être rendues sur la disparition de l’opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh.


Mais, la France de Hollande a décidé de vendre son âme et ses principes sur des compromissions nauséabondes. Depuis le Mali, Hollande et la France, déroule le tapis rouge à Idriss Deby. Et ces cela que les Tchadiens de la diaspora, ceux de l’opposition en exil dénoncent avec la solidarité de certains Centrafricains dénonçant la politique de la France, et le massacre des musulmans tchadiens et centrafricains par les anti Balaka.



À la fin de la manifestation, un mémorandum sur le Tchad,  a été remis au Président de l’Assemblée nationale française par le comité d’organisation du collectif des patriotes tchadiens.

 

La Rédaction.

 
Lire le Mémorandum.

Journée des martyrs au Tchad du lundi 24 février 2014 à Paris (France)

Mémorandum  à l’attention des députés français

Mesdames/Messieurs,

 
Nous avons l’intime honneur de vous adresser  ce mémorandum,  ce lundi 24 février 2014, à l’occasion de la journée des martyrs tchadiens pour exprimer notre indignation face à  la situation tragique dans laquelle vit le peuple tchadien sous le régime d’Idriss Deby au pouvoir depuis bientôt 24 ans de règne.

 

En effet, nous sommes ces Tchadiens-(ennes),  exilés en France et éparpillés un dans le monde du fait de la répression qui s’abat dans le pays, qui sommes nombreux à être émus par le drame qui se passe dans notre pays et ne semble susciter la réaction de l’opinion publique internationale et notamment française.


Il convient de rappeler que l’itinéraire politique du Tchad qui a accédé  à la souveraineté internationale, le 11 août 1960, a été marqué par la succession des régimes autocratiques  dirigés respectivement par François Tombalbaye (1960 à 1975), du Général Félix Malloum NGakoutou Beyidi(1975 à 1979), Goukouni Weddeye (1980 à 1982), de Hissein Habré(1982 à 1990) et enfin d’Idriss Deby (1990 à 2014).

 

Jour pour jour, cela fait aujourd’hui, cinquante et quatre (54) ans, que notre peuple  peine à rompre avec ce cycle d’accession au pouvoir par  de voie armée et de confiscation du pouvoir par les mêmes moyens militaires aux dépends de la voie des urnes.

 

Ces régimes successifs se sont distingués et illustrés malheureusement par le déni de justice et du droit de leurs concitoyens à qui ils font régner terreur et horreur.

 

A cet effet, nous souhaiterions attitrer votre attention sur un certains de questions relatives à l’Etat de Droit, à la bonne gouvernance politique, administrative, économique, sociale, environnementale,  au respect des  libertés et des  droits de l’homme qui sont des valeurs universelles qui constituent par essence les  fondements mêmes de la démocratie des sociétés moderne et émancipées dont la vôtre.

 

C’est avec un cœur meurtri, d’hommes, épris de paix, de justice et des libertés que nous sommes, venons vers vous afin d’éclairer votre opinion sur les effets pervers  qui pèsent sur la  marche de la démocratie au Tchad, question vitale pour  l’essor socio-économique de notre pays.

 

La nouvelle génération des citoyens et citoyennes du Tchad que nous formons, est profondément préoccupée par les rapports actuels que la France, grande démocratie entretient avec le pouvoir d’Idriss Deby dont l’image souffre de légitimité populaire donc démocratique.

 

Arrivé au pouvoir depuis presque un quart de siècle, Idriss Deby Itno, malgré un passé très sombre, avait bénéficié d’un soutien et d’une confiance sans réserve, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Tchad. Toutes les conditions étaient réunies pour que le pays rompe définitivement avec les cycles de violences et les déchirements qui l’ont handicapé depuis 1960, et s’engage résolument dans la voie de l’unité nationale, de la démocratie et du développement. Ce fut une euphorie populaire de courte durée car les Tchadiennes et les Tchadiens font le constat amer que non seulement les espoirs de redressement du pays ont été complètement déçus, mais que par certains aspects, la situation a dangereusement empiré, ne laissant apparaitre aucune perspective. Depuis 1990, le bilan de ce pouvoir se résumer par : La liquidation physique d’opposants, de journalistes et de militants des droits de l’homme ; Les pillages des ressources, notamment pétrolières, à travers le clientélisme donnant naissance à une multitude de nouveaux milliardaires du clan ; L’affaiblissement des institutions de l’État, transformées en fiefs prébendiers distribués en cadeaux aux serviteurs du régime; Particulièrement, la déliquescence de l’Administration territoriale, la population est à la merci des potentats civils et surtout militaires locaux ; Déliquescence de l’État de droit,  par le régime et ses affidés qui piétinent toutes les lois, les règles administratives; L’instrumentalisation de la Justice pour punir toute forme d’opposition ou régler des conflits au sein des dignitaires du régime ; Le clivage au sein de l’Armée, entre la Garde prétorienne tribale et une caste de généraux analphabètes jouissant de tous les privilèges, la masse des soldats et officiers qui ne connaissent que la misère, l’humiliation et les sacrifices dans les combats ; La prise en otage du processus démocratique à travers le hold-up constitutionnel de 2005 ; La démission totale de l’État par rapport aux secteurs prioritaires : Enseignement et Santé, malgré les revenus énormes tirés de la manne pétrolière; La manipulation des diversités socioculturelles suscitant des conflits sanglants entre les différentes communautés ethniques et confessionnelles ; Immixtion directe et indirecte dans les affaires intérieures des Etats voisins : RDC, Soudan, Lybie, RCA…

LE TCHAD DANS L’ORNIERE : Les multiples rapports des institutions et organisations internationales et citoyennes, ont régulièrement illustrés par des chiffres, des classements et des études de terrain les performances désastreuses du pouvoir du général Déby, en terme gouvernance financière, de respect des droits de l’homme, et de crédibilité des processus électoraux. Sous le couvert d’un pluralisme de façade, la réalité simple et indéniable est que nous avons affaire à une dictature clanique, sanguinaire et prédatrice, ne reculant devant aucun moyen pour faire éteindre les voix discordantes et assurer le pérennité de son pouvoir. Mais, les conséquences de cette politique de monopolisation du pouvoir et de pillage des ressources, vont au delà de la mauvaise gouvernance. Les effets de cette gestion obscurantiste ont semé des germes extrêmement pernicieux qui pourraient conduire à des scénarios cauchemardesques, tels que le retour aux pires périodes de la guerre civile, l’effondrement de l’État ou même l’éclatement du pays. Les exemples récents en Afrique, et d’ailleurs l’histoire même du Tchad, montrent que l’accumulation des erreurs et des calculs à courte vue, dans des pays où les structures administratives sont encore faibles, l’économie nationale inexistante, la conscience nationale en voie de formation, et la souveraineté vis à vis des anciennes puissances coloniales incomplète, peut réduire à néant tout le travail de construction de l’État national entamé depuis l’indépendance. Ce risque d’éclatement du Tchad est particulièrement illustré par : La rupture totale les dirigeants entre la population ; L’absence de perspective pour la masse de la jeunesse scolarisée, et l’inexistence d’un marché de travail ; la frustration ; Le laxisme vis à vis des groupes religieux professant la haine entre les communautés, faisant ainsi le lit de futurs groupes terroristes ; Et  enfin une fermeture complète de l’alternance démocratique.


ET DONC :
Nous ne pouvons pas sacrifier le Tchad, sa République liberté et son développement sous prétexte qu’Idriss Deby serait l’homme de la stabilité du pays voire de la région, un bouclier contre la menace islamiste, arguments que présentent déjà des gens peu fréquentables pour se maintenir au pouvoir.

Le blocage de la situation politique au Tchad, l’aggravation de la situation en Afrique centrale demande une prise de responsabilité consistante et courageuse des tchadiens aussi bien que des partenaires. La seule voie pour enrayer la descente du Tchad dans les enfers, reste l’organisation d’un Dialogue National Inclusif, entre tous les acteurs politiques,  la société civile et élargi aux politico-militaire, afin  de jeter les bases d’une vraie vie démocratique, pour un  développement harmonieux, tracer de façon consensuelle un nouveau cadre pour une alternance politique paisible. Ce régime doit être mis en permanence devant ses responsabilités, surtout en matière des Droits de l’homme, car il ne fait que franchir de nouveaux degrés sur l’échelle de Richter de la perfidie et de l’arbitraire.


C’est pour cela que nous réclamons
 :

·     
Le droit au peuple tchadien de manifester pacifiquement dans le pays, sans être réprimé violement par les forces de l’ordre qui usent des moyens militaires disproportionnés,

·      La cessation immédiate des arrestations sous couverture judiciaire contre les journalistes, les parlementaires, les opposants, les responsables des ONG de droits de l’Homme ainsi que les simples citoyens ; 

·      L’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire réclamée par les sénateurs Gaetan Gorce et Jean-Pierre Sueur sur les évènements de février 2008 qui ont engendrés la perte de plusieurs vies humaines et la  disparition du professeur Ibni Oumar Mahamat Saleh (Porte parole de l’opposition démocratique).

·      La déclassification de tous les documents, y compris les secrets-défense, relatifs aux événements de février 2008, comme le demande depuis plusieurs les associations de défense des droits de l’homme. 

·      La libération de tous les détenus illégaux.

·      Condamnons énergiquement les ingérences incessantes du régime d’Idriss Deby qui ont des conséquences graves sur les  populations tchadiennes vivant dans ces pays frères( Togo, RDC, Congo-Brazzaville, Soudan, la Libye et la République Centrafricaine)

Honorables députés, en vous remerciant d’avance de l’intérêt et de l’attention que vous porteriez à nos préoccupations sur le Tchad, nous vous prions de recevoir nos salutations respectueuses et de notre très haute considération.

Paris, le 24 février 2014

Le Comité d’organisation des patriotes Tchadiens

 

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