La participation du Tchad au salon de l’agriculture est à saluer. Cette grande première devrait rendre fier plus qu’un compatriote, quant on voit à l’échelle internationale le visage du Tchad rayonner. D’après notre investigation, le Tchad fut représenté par plusieurs délégations dont celui de l’agriculture, de l’élevage, du tourisme et artisanat, hydraulique rurale et urbaine, l’agence nationale des investissements et de l’exportation (ANIE) entres autres.

Les stands furent tous remplis, et les produits exposés reflètent la diversité du pays. Les hôtesses sont souriantes, et parées à vous expliquer dans les détails les produits exposés. Le travail accompli en terme de marketing et force de vente est à apprécier. Un air gai et radieux vient apaiser tout visiteur dans cette mélodie traditionnelle où des Marocains, et Français saccadent ensemble des danses tchadiennes. 

 


Mais… Le constat de visu, est cet aspect de désordre qu’on aperçoit, aux allées et venues des participants qui cachent d’une certaine façon la vitrine et les emblèmes. Cet air de Souk est à attribuer à l’amateurisme novice, et autres premiers venus, qui font ici leur 1er salon. Au détour de l’arrière stand, un seul endroit manquait de produits. Manque de produits ? Agencement mal négocié ? Problème de planification ? Cela devrait être à décharge des délégations, quand on regarde les stands de certains pays expérimentés sur ces évènements, vide de produits. Il faut voir midi à sa porte certes, et à l’avenir, cette première participation devrait servir de tremplin pour mieux se préparer, que de venir en bataille comme si une meute partait à Massaguet.
 

Au Tchad, le bœuf Kouri existe et facilement transportable jusqu’à Paris, quand même des pays latinos et Hispaniques ramènent les leurs.

  

Passons…

  

Depuis quelque temps, le régime d’Idriss Deby aime  faire croire à l’international, que le Tchad qu’il dirige est devenu un havre de paix, de stabilité et de quiétude nationale, d’où cette hégémonie identitaire.

 

À l’international, loin des réalités des Tchadiens, le Tchad est présenté comme un leader conscient des dangers sécuritaires dans la sous-région. Idriss Deby est l’homme par excellence qu’on devrait fréquenter, consulter sur divers sujets touchant les conflits dans plusieurs zones en Afrique. Lui même ne reste plus en place, et s’affiche en permanence, même dans des colloques ou séminaires dont sa présence n’est pas nécessaire. 
 

En réalité, cette folie de prouver coûte que coûte une identité, résulte plus d’une carence à cacher, comme s’il se reprochait quelque chose de fondamental. Pourtant par delà les belles affiches et l’argent des Tchadiens dépensés un peu partout, la priorité devrait être accordée aux problèmes internes, non résolus jusqu’à là.
 

Au Tchad, la population de la capitale manque d’eau potable, les problèmes d’électricité ne sont pas encore maitrisés, et font cruellement défaut au citoyen ordinaire. Il y a incontestablement la cherté de vie qui n’est pas maitrisée, et où, aucune volonté n’est émise. Pire, la politique de santé publique se résume à des hospitalisations des nantis à l’étranger, et ceux qui n’ont aucune ressource aux cimetières. En province où dans la capitale certains Tchadiens s’alimentent difficilement. Des cas de famine existent.

 

La gouvernance du pays est très mal en point. La corruption gangrène tous les étages de l’administration tchadienne. Tout le monde vole, pille et contourne la loi. Les collaborateurs de Deby détournent à l’oeil. L’argent volé n’est jamais rendu, les biens détournés leur sont laissés, d’autres choisis au volet, vont en prisons pour quelques semaines, puis graciées, leurs dimes et butins leurs sont laissées à loisir.
 

Et puis, les droits de l’homme, complètement oublié. 5 ans depuis l’assassinat du professeur et opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh, aucune justice n’est rendue. Plusieurs autres opposants politiques avaient disparu, sans que leurs familles ne puissent jusqu’à présent faire leurs deuils. Le régime omet d’admettre et de se prononcer sur sa responsabilité aux travers des méthodes pourtant décriées par les ONG.

 

À cette échelle, le rayonnement du Tchad qui nous est cher à tous ne peut qu’être bancal. Car quoi que l’on fasse, rien ne peut être prioritaire que l’épanouissement de notre peuple, et de ses enfants, et la justice à rendre pour la nation.

 

Vive le Tchad certes, mais soyons-le d’abord à l’intérieur.

  

La rédaction

 

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