1. Quand Tchadanthropus a été créé et quel est l’objectif visé ? 


Tchadanthropus-tribune a été créée le 7 décembre 2007. Son objectif premier était de relayer les actualités du front du mouvement UFDD d’une part et l’opposition armée et politique contre le pouvoir d’Idriss Deby dans sa généralité. Nous avions commencé de façon embryonnaire et brouillonne. Au début, personne ne pourrait miser un kopeck sur notre sérieux et notre assiduité. Nous étions inexpérimentés, et reprenions pratiquement tout sans chercher à vérifier certaines sources. Nous étions dans la passion du mouvement et de la lutte. Puis, chemin faisant nous sommes devenus aujourd’hui une plateforme interrogée grâce à un réseau bien huilé, et des correspondants partenaires très crédibles. Il faut aussi avouer que parmi nous il n’y avait aucun journaliste de métier. C’est en forgeant que nous sommes devenus forgerons. Vous devez observer qu’avec le temps, nous avions délaissé l’aspect vindicte sur des personnes, pour ne cibler que les faits des personnes en charge des responsabilités publiques. Toute critique constructive est la bienvenue, mais nous sommes obligés de conduire une éthique qui ne permettrait plus de salir une personne par des insultes. Pourtant jusqu’à maintenant, nous faisons des dérapages, des inconvénients qui nous siéent de corriger. Nous avons aussi nos lacunes loin sans faux. 


2. Quelle est l’importance de votre lectorat et l’impact de vos infos ? 

Nous sommes parti de rien pour construire un réseau au sein du régime d’Idriss Deby dans un premier moment, parce que les actualités et les informations à relayer sont celles qui concernent le peuple tchadien et l’injustice qu’on lui fait. Nos correspondants sont dans le peuple, des jeunes, des vieux, des femmes qui nous lisent et qui ont l’audace de nous informer. Nous protégeons en tout lieu nos sources. Nos lecteurs sont divers au niveau national qu’à l’international. Nos correspondants sont dans le peuple, des jeunes, des vieux, des femmes qui nous lisent et qui ont l’audace de nous informer. Du Tchad nous sommes contactés par divers moyens (30 à 40 appels-mails-message Facebook ou autres par jour variable, et cela malgré la traque sur les citoyens par les services de renseignements tchadiens). Nous recoupons après certaines vérifications sur place avant de publier. Après l’aboutissement d’un réseau intérieur, nous nous sommes ouvert aux contacts des hommes et femmes de médias, des hommes politiques, d’associations, d’ONG avec lesquels nous partageons nos informations ou recoupons les seuils de vérité. Dès fois nous ne sommes pas sûrs à 100/100, mais dès que nous dépassons la probabilité de 50/100, nous lançons la publication quitte à l’adversité de faire son démenti, que nous acceptons de publier bien sûr. Mais aujourd’hui nous affirmons que nos lecteurs sont partout.


3. Les Tchadiens en général "aiment, commentent ou partagent" rarement les infos, quelles en sont les raisons et comment y remédier ?

 

Nous le découvrons aussi comme vous, avec beaucoup de peine. Nos compatriotes sont plus intéressés sur les articles d’infos qui taillent de manière acerbe leurs frères et sœurs. Les débats d’idées sont relégués plus après. On aime attaquer la personne gratuitement parce que son faciès ne plait pas, alors qu’on devrait s’y pencher sur ce qu’elle propose, l’effort consenti et les sacrifices en exercice. L’autre volet du problème, ce que les administrateurs des sites et blogs doivent servir de tamis afin d’émanciper nos échanges. Nous devons servir d’éduquer les générations à venir afin d’échanger sur des valeurs démocratiques. Nous ne devons pas laisser les commentaires insolents détériorer l’information à faire passer. Les rumeurs, les ragots sans preuve ne font pas une information. Le respect doit prévaloir, car la lutte politique entraine une confrontation des idées, pas de combat de personne. Si je ne suis pas d’accord avec une personne, allons sur le terrain du débat et soyons convaincants. Ce n’est pas en salissant une personne que je peux avoir raison. Pour y remédier, sachons d’abord la responsabilité qui est la nôtre, à permettre à nos compatriotes de s’exprimer à travers une locution claire et indiquée. Au Tchad, Alwihda a été un pionnier en tant que 1er site tchadien dans ce domaine, à nous autres qui suivons d’éduquer civiquement nos compatriotes aux valeurs de la libre expression. Sachons annihiler et bloquer les insultes et les commentaires faits par des personnes anonymes, car cela démontre l’aspect cupide d’une certaine méchanceté et jalousie de personne entre elles, mais qui n’avance en rien le problème quotidien des tchadiens.

 

4. Quelles sont vos plus grandes révélations ?

 
Je ne détiens pas la vérité, donc je ne peux prétendre avoir des grandes révélations. Sur Tchadanthropus nous nous efforçons d’approcher la vérité sur les infos à traiter surtout quand nous sommes les auteurs. Sinon, le conditionnel est de mise. Modestement nous nous battons à gommer nos imperfections.

5. "Tchadanthropus est un site récréatif" mais l’impression est celle d’un site 100% politique. Est-ce qu’il ne faut pas se diversifier pour intéresser une population jeune (-15 ans) à 57% ?

 

Nous réfléchissons depuis un moment à élargir le panel des informations, nous y arriverons bientôt Inch’Allah à satisfaire cette population. Le travail actuel n’est pas du tout repos. Nous faisons autant d’effort sur des bourses propres afin d’informer nos lecteurs (que nous remercions au passage, des diverses contributions). Nous achetons des articles dès fois sur des journaux payant (la lettre du continent et autres) en ligne afin de le mettre à la disposition de nos compatriotes. Le travail de mise en page et de publication n’est pas facile quand nous suivons l’actualité chaque jour. Nous devons avoir la maîtrise de cet aspect qui est autant complexe avant de nous élargir. Mais soyez-en sûr, nous y réfléchissons.

6. Quelles difficultés rencontrez-vous ?

 

Les difficultés de chaque jour propre à un exilé activiste qui se débat pour enrichir l’information. Nous rencontrons par rapport à nos activités d’informations plusieurs aspects de problèmes, des jalousies de personnes, des menaces des sbires du régime, des agressions verbales répétées sur les informations publiées. Mais nous croyons en ce que nous faisons, l’avenir nous dira si ce que nous faisons a été utile ou pas pour notre pays. Le reste, personne ne peut empêcher les médisances, les étiquettes et les brevets d’intention.

7. Que pensez-vous de ces sites tchadiens qui incitent à la violence et à la haine tribale ?


Je ne sais pas de quel site vous faites allusion, mais en mon sens rien ne peut être parfait. Pratiquement tous les sites et blogs sont tenus par des personnes bénévoles, qui ne sont pas essentiellement journalistes. Je pense que nous sommes à un début pour notre pays, petit à petit les imperfections vont se gommer pour ne laisser place qu’à l’essentiel qui est celui d’informer et instruire.

Plusieurs expériences enseignent que tout aspect tribal s’il n’est pas culturel, ne permet aucun essor national, sauf à permettre aux personnes non intellectuelles, parfois analphabètes à se promouvoir. Les sites ou blogs qui traitent l’aspect tribal d’une communauté, sont les bienvenus, car ils nous enseignent sur les communautés et les partages en société. Mais s’ils doivent traiter un aspect politique, ces sites ou blogs doivent se mettre sur un palier national et renfermer le ciment national. La violence et la haine tribale n’ont pas lieu d’être.

 

 

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