La juge d’instruction française Emmanuelle Ducos a procédé, le 18 juillet, aux auditions d’Hicham Ibni Oumar et de Mohamed Ibni Oumar Saleh dans le cadre de la plainte que ces derniers ont déposée l’an dernier pour "enlèvement et séquestration, tortures et actes inhumains" concernant leur père, Ibni Oumar Mahamat Saleh.

Ce dernier, fondateur du Parti pour les libertés et le développement (PLD) et principale figure de l’opposition tchadienne, a disparu à N’Djamena en février 2008. Il s’agit des premières auditions en France dans cette affaire à rebondissements que la justice tchadienne a, pour sa part, classée le 25 juillet.

La juge Ducos avait débuté son enquête malgré l’opposition du parquet. Fin juin, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a donné raison à la magistrate, considérant que les critères juridiques étaient réunis pour autoriser ses investigations. Magistrate au pôle "génocide et crimes contre l’humanité" du TGI de Paris, Emmanuelle Ducos travaille sur ce dossier avec son confrère David de Pas.

Elle envisage de se rendre prochainement au Tchad, pour entendre notamment les principaux suspects désignés dans cette plainte. La plupart appartiennent à la famille ou au cercle rapproché du président tchadien Idriss Deby. Ces deux juges viennent de s’illustrer pour avoir renvoyé devant la cour d’assises de Paris l’ancien officier de l’armée rwandaise Pascal Simbikangwa pour "complicité de génocide". 

La Lettre du Continent.

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