Deux figures écologistes, François de Rugy et Noël Mamère, appellent la France à sortir de sa "dépendance" vis-à-vis du président tchadien Idriss Déby, "l’ami gênant de Paris", dans une tribune publiée mercredi par Libération.


Bien que M. Déby ait selon eux contribué par sa "complaisance, pour ne pas dire sa complicité" au coup d’Etat il y a un an en Centrafrique, où "une crise humanitaire sans précédent" s’est développée depuis, le président tchadien "ne semble pas pâtir de son choix stratégique" : il est "en train de s’imposer comme le nouveau pivot de notre politique africaine", relèvent le co-président du groupe écolo à l’Assemblée nationale et le député-maire de Bègles (Gironde). 

"Historiquement, le Tchad a toujours compté parmi les partenaires privilégiés de la France en Afrique subsaharienne", rappellent-ils. Mais "si l’arrivée aux affaires du président Hollande a marqué une rupture dans les méthodes qui caractérisaient notre politique africaine", "la poussée islamiste en Afrique subsaharienne et le déclenchement quasi simultané des opérations Serval (au Mali) et Sangaris (en Centrafrique) ont placé la France dans une position de relative dépendance vis-à-vis de N’Djamena", expliquent les deux élus.


Le Tchad fournit en effet à la mission africaine opérant en Centrafrique (Misca) près du quart de ses effectifs.

 

"Alors que la présence militaire française au Sahel et en Afrique centrale semble s’inscrire dans la durée, notre politique africaine sortirait grandie d’une clarification de nos relations avec le pouvoir tchadien", plaident MM. de Rugy et Mamère, dénonçant aussi "la politique autoritaire et répressive menée par Déby depuis vingt-trois ans" dans son pays.
"Face à la fragilité démocratique des régimes d’Afrique centrale, il est urgent de (…) traiter sur un pied d’égalité tous les pays de la sous-région et de renforcer le dialogue avec les organisations panafricaines", concluent-ils dans leur tribune.

 

AFP 

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