Le changement intervenu au Burkina Faso, le 31 octobre 2014 entrainant le départ de Blaise Compaoré pourrait être le début de la fin des pouvoirs autoritaristes en Afrique. Du moins il suscite l’espoir chez tous les jeunes épris de justice et de démocratie dans ce continent riche, plein de talents mais victime des puissances qui l’exploitent avec la complicité des potentats locaux. Certes les contestations se feront de manière évolutive, mais les changements sont inéluctables quoi qu’il arrive.

 

Idriss Deby a compris cela, mais ne connaissant pas l’issue de sa chute, il multiplie les réunions familiales, les déclarations à l’emporte-pièce, souvent creuses et insensées, croyant berner une fois de plus les Tchadiens. Il faut dire que les manifestations des élèves qui se sont déroulées le 11 novembre 2014 ont ôté le sommeil au généralissime Deby.

 

Si en Afrique de l’ouest, les citoyens ont un sens élevé de patriotisme et un dépassement des clivages ethniques, confessionnels et régionaux ; en Afrique central et particulièrement au Tchad, la tendance est au repli sur soi et à la vulgarisation sans cesse des idées tribalistes et claniques, car cela mène forcement les plus faibles intellectuellement à se faire une place au soleil. Ils sont malheureusement nombreux et encouragés par notre piètre président. Cette situation s’ajoute à la paresse caractérisée des Tchadiens qui s’adonnent à longueur des journées aux jeux des « cartes » en sirotant du thé pour certains et à s’empiffrer d’alcool en faisant du « congossa » pour d’autres.

 

Le Tchad est un pays en ébullition n’en déplaise à ceux qui, de l’extérieur pensent qu’il y a une stabilité. Le comportement de nos compatriotes décrit ci-haut n’empêche pas un déferlement, tellement la colère est immense et les vases pleins. En ce moment difficile ou la ménagère peine à renflouer son panier, les proches du régime et leurs bouffons s’achètent des villas et des appartements en Egypte, au Cameroun, en Europe et un peu partout ailleurs avec les deniers subtilisés à l’Etat pour préserver leurs arrières en cette période de peur généralisée installée au sein du pouvoir.

 

Ce serait du truisme de dire que Deby pense à ce qui est arrivé à Gaddafi, Ben Ali, Moubarak et Blaise Compaoré. Il a d’ailleurs fait ses confidences à ses proches, début novembre à son arrivée en catastrophe à Ndjamena, après le changement intervenu au Burkina.

 

L’envoi des délégations à Moundou, Sarh et Doba pour résoudre la crise à l’origine des manifestations ou encore sa descente à Djarmaya pour faire semblant de résoudre le problème de pénurie de carburant, ne sont que de la diversion pour calmer les Tchadiens les plus crédules. Idriss Deby est dépassé en ce moment, il veut finir son pouvoir dans un bain de sang comme il excelle dans les situations de carnage. Il nous appartient à nous de prendre notre destin en main. Ceux qui pensent que Deby partira sans verser une goutte de sang se trompent ou le connaissent mal. Idriss Deby « est un délinquant astucieux et un tueur froid » dixit Youssouf Togoimi. Ceux qui pensent le remplacer tout simplement à cause de leur appartenance au « sultanat » de Bilia (ethnie de Deby) se trompent aussi, parce que dorénavant, plus rien ne sera comme avant. Les appartenances aux groupes ethniques, les cercles de « Béri », les circuits des amis et les conciliabules des réseaux de réflexion très fermés et tous les ambitieux qui font des contacts tous azimuts pour la succession de Deby ne sont que des fuites en avant auxquelles Jeunesse Ardachi exclut de s’associer.

 

Le Tchad est ce pays de plus de 350 tribus avec une mosaïque de cultures et de traditions. C’est aussi ce pays laïc qui a su préserver l’interdépendance des ethnies pour construire un savoir vivre commun depuis son existence, malgré les périodes de turbulences connues. Si certains compatriotes pensent être plus forts parce qu’ils détiennent les armes, les véhicules et l’argent, ils  se trompent; s’il y en a d’autres qui pensent être plus intelligent parce qu’ils font de la dialectique le jour et dorment la peur au ventre la nuit, tout en sillonnant parfois les capitales occidentales pour se rendre victimes ; ils se trompent aussi.

 

Inutile de se mettre les œillères, il faut regarder la réalité en face pour ne pas ramer à contre-courant. Chers compatriotes, il est temps de sauver notre pays et vivre dans la cohésion. Sans plus tarder, les responsables des partis politiques, les associations de la société civile, l’Armée Tchadienne ou du moins ce qui y tient lieu doivent réfléchir en synergie pour préparer la transition afin de préserver les acquis. Nous ne sommes pas des pyromanes, mais pour faire partir Deby du pouvoir, nous devons consentir beaucoup d’effort, notamment des pertes en vies humaines.

 

n Si en 2015 Idriss Deby ne fait pas une déclaration pour annoncer son désistement à une candidature supplémentaire, une insurrection populaire de grande ampleur sera non seulement nécessaire mais inévitable. Jeunesse Ardachi s’y attèle et bientôt des contacts seront établis avec les associations et même d’autres groupes constitués à l’intérieur et à l’extérieur du pays. L’armée doit être mise à contribution.

 

n Ensuite, une transition à l’image de celle du Burkina Faso doit être instaurée.

 

n Les organes de la transition doivent organiser un débat national avec toutes les forces vives du pays.

 

n Une commission nationale de récupération des biens mal acquis doit être mise en place. 

 

n Enfin, des élections libres et transparentes doivent être organisées avec la participation de la communauté internationale.

 

Par ailleurs Jeunesse Ardachi appelle toutes les organisations citoyennes à fédérer leurs forces afin d’entamer, de manière sûre, la dernière marche qui mène au changement. Elle apporte également son soutien au mouvement « trop c’est trop » et l’exhorte à aller jusqu’au bout de cette action salutaire à tous égards qu’il vient de commencer, quelque soit le prix à payer et le Tchad lui sera reconnaissant à jamais.
 

Jeunesse Aradachi pense que c’est dans ces conditions que notre pays renaitra et reprendra sa place dans le concert des nations.

 

Fait à N’djamena, le 21 novembre 2014

JEUNESSE ARDACHI

 

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