L’enseignement est le secteur le plus négligé au Tchad. Le ministère de l’éducation nationale représente 9% au budget général de l’Etat de manière constante ces dernières années. Avec un taux d’alphabétisation de l’ordre 23%, la population Tchadienne est l’une des plus analphabètes de l’Afrique. Les gouvernants sont incapables d’élaborer des plans sérieux de formation pour organiser le système éducatif Tchadien.


Très souvent l’amateurisme et l’improvisation sont érigés en mode  de gouvernance dans ce domaine. En 2007, le premier ministre de l’époque Kassiré Koumacoye a exigé que la langue arabe, deuxième langue nationale du pays soit utilisée dans toutes les administrations. Or, une telle décision ne se décrète pas, elle nécessite une préparation, surtout que l’enseignement de l’arabe n’est même pas effectif au niveau de cours élémentaires.

 
Adopter l’arabe qui est la langue usitée du pays ou encore apprendre l’anglais et plus tard une langue vernaculaire dans l’école Tchadienne est une nécessité, mais une telle décision doit être murie, analysée avec des études préalables pour aboutir à une programmation consistant à former d’abord les formateurs en nombre suffisant afin d’intervenir dans l’enseignement sur l’ensemble  du pays.

 
L’enseignement supérieur est pris en otage par des pseudo-intellectuels qui écument les universités et les instituts pour s’attribuer des primes faramineuses et finir par la suite comme des portes voix du régime. Le terme intellectuel a été tellement galvaudé que tout détenteur de diplôme qui se présente en louant les efforts du régime est considéré comme une ressource rare. Ceci a entrainé la baisse de niveau sur l’ensemble de l’enseignement que l’on connait actuellement. Cette médiocrité est confirmée par le faible taux de réussite au baccalauréat. En 2013n sur un total de 70.711 inscrits au bac; seulement 6.156 admis soit un taux de réussite de 8,71%.En 2014 ; il y avait eu 14.118 admis sur un total d’inscrits de 76.433 soit un taux de réussite de 18%.


Cette situation catastrophique est l’apanage du système de Deby que l’on connait anarchique et peu enclin à l’émulation dans la société Tchadienne. L’école, jadis considérée comme base d’éducation et d’ascension dans la société est tellement déclassée que dans certaines familles, les gens s’interrogent sur l’utilité d’envoyer les enfants à l’école puisque cela n’aboutit à aucun débouché et n’assure pas d’avenir.


Les enfants de Deby et ses proches arrivent en classe armés et souvent éméchés pour perturber le déroulement normal des cours. Ils se comportent avec une arrogance indescriptible et ne se soucient guère de l’issue de leur « formation » parce qu’ils sortent diplômés quelques soient les résultats. Les enseignants ; démunis, démoralisés et souvent ne percevant que des modiques salaires avec des retards, ne sont pas motivés pour transmettre un savoir de qualité.


Pendant ce temps, Idriss Deby et ses bouffons se délectent devant leur thé en critiquant ceux qui prétendent détenir des diplômes en disant ceci « diplôme da maa Katkat bess wa » littéralement le diplôme n’est qu’un bout de papier. En d’autres termes c’est Deby qui fait et défait les hommes, le reste n’est que habillage.


N’est-ce pas que tout ceci est normal ? Quand ceux qui nous dirigent sont Idriss Deby Itno, Ahmat Bachir, Andjami, Mahamat Saleh Brahim et autres qui n’ont reçu aucune éducation ni à l’école ni ailleurs. Que peut-on attendre des gens qui n’ont jamais pensé à une telle ascension sociale qui pourrait les propulser au devant d’une scène dont les acteurs sont des piètres comédiens ayant démissionnés collectivement saisissant le ventre à deux mains et pleurnichard à jamais.


Non Monsieur le président ! Si pour une partie des jeunes proches du pouvoir, le diplôme est « katkat » parce qu’ils arrivent à l’obtenir à moindre frais et surtout à s’attribuer n’importe quel papier pour rapidement devenir actifs afin de s’en servir pendant qu’il est encore temps ; il n’en est pas de même pour toute une génération oubliée, négligée, qui ne désire qu’à se former pour assurer son avenir et partant servir son pays.


Le gouvernement du Tchad vient de franchir le Rubicon avec sa nouvelle trouvaille qui enterre définitivement l’excellence. Pour parer à l’échec scolaire, semble-t-il, un nouveau décret portant  réorganisation de l’examen du baccalauréat et qui institue une nouvelle forme de médiocrité est adopté la semaine dernière. Cette ridicule institutionnalisation de triche consiste à organiser une session du baccalauréat avec deux groupes d’épreuves écrites pour repêcher des élèves ayant la moyenne générale de 8 à 8,50 sur 20 alors  que la moyenne de 10 est une norme reconnue par les usages de formations.


Nous pensons que cette façon de s’attaquer à la baisse du niveau est un manque d’imagination et de réflexion. Le gouvernement devrait d’abord augmenter le budget des ministères en charge de l’enseignement qui est actuellement de l’ordre de 9%, le plus faible dans la sous-région. Il doit aussi procéder à un audit du projet d’appui à la reforme du secteur de l’éducation (PARSET) financé par la Banque Mondiale (BM), la Banque Africaine de Développement (BAD) et La Banque Islamique de développement (BID) qui a atteint ses limites.


Le Tchad est malheureusement en queue de peloton même au niveau de l’enseignement tout comme en matière de santé, de respect de droit de l’homme. Le seul domaine dans lequel les statistiques au niveau international ont classé le Tchad en tête reste L’alcoolisme. Sous d’autres cieux les dirigeants démissionnent collectivement. Mais que peut-on dire  d’un président qui de toute façon ne veut pas rentrer dans l’histoire puisqu’il sait qu’il ne rentrera jamais dans l’histoire ?

 

Fait à N’djamena, le 20 mai 2015

JEUNESSE ARDACHI

 

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