Ce jour 19 novembre 2014, une conférence de presse a été organisée par les représentants de l’ordre des avocats, les professionnels de droit, les représentants des huissiers, à la Maison des Medias. Le but est d’informer l’opinion nationale et internationale sur l’état d’avancement des discussions avec les autorités concernant la suspension de payement des condamnations judiciaires par l’Etat tchadien.

 

Selon Me Mbaigangnon Athanase,   cette suspension  a  commencé depuis avril 2013, depuis lors  on assiste à des condamnations impayées, des maisons des bénéficiaires  brulées,  des malades non  soignés et le refus de l’Etat de transférer urgemment les malades pour les soins à l’extérieur. Les décisions rendues par la justice tchadienne sont bafouées par l’Etat. L’Etat doit plus de 40 milliards aux justiciables mais il se résume de le faire, raison pour la quelle avant de reprendre leurs activités, les avocats avaient cessé momentanément  leurs activités pour favoriser la résolution de ce problème qui perdure, ajoute t-il. Cependant,  un délai de 8 jours a été donné à l’Etat par les avocats pour donner une chance aux négociations.

 
Compte tenu de la crise que les avocats traversent, les représentants de l’ordre des avocats, les professionnels de Droit et les représentants des Huissiers  pensent que le jugement des présumés coupables de l’affaire Hissein Habré ne devrait pas avoir lieu, d’autant plus que les avocats seront absents lors du procès. Ils ont profité de cette conférence pour avouer leur mécontentement et leur déception face à cette situation  qu’ils qualifient d’anormale.

  
Pour Me Ndoubalo Lamian Abdou,  la règle du jeu de transparence pour le procès Hissein Habré, qui est la présence absolue des avocats lors de ce procès  n’est pas respectée.  Alors il ne peut avoir une transparence quelconque dans ce jugement.  Pourtant les avocats avaient donné leur parole de rendre ce procès transparent et  équitable afin que justice soit rendue aux victimes.  Cela prouve à suffisance, la mauvaise volonté de l’Etat tchadien  vis-à-vis de ses  citoyens qui subissent des préjudices causés par lui.

  
La justice intervient comme facteur de paix, mais quand chacun rend justice et exécute ses décisions, on ne peut parler de paix déclare t-il.  Pour lui quelques individus zélés  minent le bon fonctionnement de la justice tchadienne. Pour finir, Me Eldjimbaye Elysée a rappelé que l’Etat tchadien doit respecter  l’article 29 de l’acte uniforme portant recouvrement de créance et il doit exécuter les décisions  prises lors des discussions  avant de parler de sécurité des investissements. Les avocats ne donnent pas l’impression de céder à ce jeu. L’Etat a de moyens, c’est une question de bonne foi, concluent-ils.

  

Gloria Rolel  (Alwihda Info)

 

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