17/08/2016: TCHAD/Le MPS au bout du rouleau – Mécontentements – intrigues – dénonciations – la base se fâche: Selon nos informations recoupées après la formation du gouvernement Pahimi Padacké II, les militants de base du MPS montent au créneau et font siffler les oreilles de leur exécutif, à savoir si Idriss Déby est mis au courant, mais notre investigation révèle des aspects tranchants.


Le groupe Tama fait savoir qu’il n’est pas représenté dans le Ouadi Fira, où les Zaghawa tirent la part belle et les marginalisent. Les Tama ne comprennent pas pourquoi ils sont lésés par rapport aux autres communautés de la région, et font ressortir les vieilles plaies qui ont semé la discorde dans la région. Ils n’oublient pas qu’ils ont subi une épuration ethnique, et que certains de leurs villages  (Maraoné, Etété, Karka, Am-médiné, Korok, Dourné, Ougoumti,) furent brulés, malgré cela, ils ont voté MPS.

Pourquoi Ahamat Bachir reste au gouvernement disent les militants de base du Ouaddaï ? Lui qui n’est jamais allé battre campagne, lui que tout son village a voté l’opposant Mahamat Ahamat Al Habbo. Le MPS du Ouaddaï ne voit pas en Bachir un représentant au gouvernement. Mais, le MPS du Ouaddaï oublie l’affirmation du même Bachir, n’a-t-il pas dit qu’il est Idrisside ?

Dans le Guéra, les militants sont énervés de la reconduction du professeur Taïsso et Banata Tchalé Sow. Le courant Ahamat Assad et Bichara Ringou freine sa frustration, tout comme le secrétaire particulier adjoint d’Idriss Déby, Ahamat Koussou. La jeunesse du Guéra espérait voir arriver un certain Abdenasser Garboa, mais hélas, les dés étaient ailleurs, faudrait demander à Mahamat Zène bada de l’expliquer, lui qui fait à présent la pluie et le beau temps en attendant l’humeur d’Idriss Déby.

Au Kanem, la furie est générale. Aucun militant MPS n’a été désigné au gouvernement. Ceux qui sont élus sont les membres du parti allié RDP. Pourtant il a fallu au militant MPS du Kanem de jouer aux coudes pour ramener une partie de la population à des bons sentiments, avec l’assassinat du jeune Abachou, et le problème Zouhoura. Tout proche, la population de Bahr El Ghazal ne comprend pas le parachutage du semi-lettré Bachar Souleymane, généralissime de police et ancien médiateur, vidé de son rôle par l’omnipotent Djiddi Salay Kedellaye, DG de l’ANS, désormais sur une corde raide.

Le Chari-Baguirmi ne voit personne à l’arrivée. À part une miette de place pour Haoua Outhman Djamé. Les militants de N’Djamena se posent la question, à savoir le tort commis pendant la campagne électorale.

Au Salamat, le régime semble relancer les vieilles guéguerres des communautés. Une remise des rengaines devra revenir, car si certains voient en Asseid Gamar un MPS de travée, d’autres estiment que la représentation du MPS leur revient de droit. Mais la colère est sous marine, elle n’est pas expressive, attention aux germes de son explosion.


Le Mandoul déborde de colère, les femmes du MPS originel remettent à jour la fameuse marche de lors du l’assassinat de maitre Behidi, où à cette époque Mme Ngarbatna Soukate voulait marcher nue devant le palais rose pour aller aux cimetières de Farcha. Les femmes MPS du Mandoul sont très remontées contre l’exécutif de leur parti, qui les a négligés parce que la population de cette contrée a voté pour l’opposition.

Le Mayo-Kebbi Est – Les militants disent clairement qu’il faut faire des bourdes, au lieu d’être des vrais militants engagés. La sous-préfecture des Kim espérait voir venir un de leur, en l’occurrence le jeune colombe de la région un certain Nguelet.

Le Mayo-Kebbi Ouest – D’après nos informations, les militants de cette contrée auraient demandé à Padaré feu de brousse de démissionner, car il ne subit que des humiliations. Il n’a pas sa place dans ce parti ingrat. L’intéressé lui-même est aux abois, au sein du MPS. Les jours à venir nous édifieront.

La Tandjilé et ses militants en colère. C’est l’une des rares régions de la zone méridionale qui a voté pour le candidat de l’alliance, mais leur dévouement ne fut pas récompensé.

Au Logone occidental, les militants MPS murmurent sur un ralliement massif vers l’opposant maire de Moundou Laokein Médard. Pour beaucoup d’entre eux, le MPS se sert d’eux pour faire de la figuration. Au Logone Oriental, tous les Gor et les Möngös du MPS se préparent à rejoindre massivement l’opposant et président du Cap-Sur Djimrangar Dadnadji. Certaines voix se sont élevées pour dire tout haut que le gouvernement Pahimi Padacké II est un gouvernement du nord.

Au Moyen-Chari, les Sara Madjingaye majoritaires se sentent marginalisés par les Sara Kaba au gouvernement et à l’Assemblée nationale. Au dire d’un de nos correspondants dans la ville de Sarh, les esprits sont assez remontés contre un régime qui les utilise, mais qui ne récompense pas leurs enfants.

Au Borkou, malgré la politique amorcée auprès de la jeunesse, le MPS perd latéralement du poids. Idriss Déby fait dire qu’il n’a aucun problème avec la population locale et sa jeunesse, mais celle-ci rejoint massivement l’opposition politique ou politico militaire. La cassure est encore profonde avec le problème Hissein Habré.

Au Tibesti, le retour du jeune Aba Ali Salah était plébiscité au détriment de Youssouf Abassala, qui est reconduit. L’extrême nord du Tchad échappe totalement au contrôle du régime, qui opère par parcimonie. Au-delà de ces facteurs de mécontentements, même entre certains cadres du MPS, la colère gronde au titre de trahisons, de lâchetés et de compromissions. Il ne sera pas facile pour ce parti d’aller aux législatifs en rangs serrés comme aux présidentiels.

En conclusion, au rythme de ce qui précède, s’il y a aujourd’hui une élection législative, l’opposition gagnera sans doute l’Assemblée nationale et provoquera ainsi une cohabitation au sein de l’hémicycle… À suivre.

 

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