06/01/2017: TCHAD/Libye: Qu’on se le dise, les rebellions tchadiennes au sud de la Libye qui cherchent à s’établir au nord du Tchad commencent par faire peur au régime d’Idriss Déby. La décision amenant le régime tchadien à fermer sa frontière nord avec la Libye est une partie du puzzle qui se met en place. Début décembre 2016, selon nos informations, une fiche de l’ANS conseillait au président tchadien d’interdire la transhumance des jeunes issus du Kanem, du Batha, du Biltine, du Borkou, de l’Ennedi, du Guéra, du Ouaddaï et du Salamat. La fiche insiste sur le fait de penser à nettoyer le Tibesti des orpailleurs et déclarer les régions du nord en zone militaire. Des informations corroborées çà et là indiquent que plusieurs réunions ont eu lieu à la présidence en présence de l’ex-DG de l’ANS Djiddi Saleh Kedellaye, considéré comme l’homme le mieux informé sur le sud de la Libye. La stratégie à adopter serait de tout mettre en œuvre pour faire paraître les rebelles tchadiens comme de terroristes. Une diplomatie parallèle avec l’Égypte est mise en œuvre pour soutenir le général Haftar, et avoir un retour de l’ascenseur contre tout mouvement de rébellion contre le régime d’Idriss Déby, ce qui fut fait avec les derniers bombardements que le groupe Haftar avait effectués sur les positions des FACT arguant nettoyer les nids des terroristes. À N’Djamena, le sérieux se dessine. Le 1er ministre Pahimi Padacké avait réuni certains ministres pour information, adoptant par arrêté la fermeture de la frontière, instruisant dans la foulée son ministre de la sécurité de faire une communication pour cause d’infiltrations des terroristes au nord du Tchad à partir de la Libye. Le ministre de la Sécurité Ahamat bachir semble retrouver ses habits d’antan au fort moment de la rébellion de l’est. Il communique, menace, la voix devient grave, comprenez à travers lui les inquiétudes de son maitre. En vérité les vraies inquiétudes demeurent, car quelques infiltrations ont commencé et le régime désarçonne. Les zones militaires sont établies et reparties en nommant un pré carré de fidèles officiers du clan. En somme, les vraies choses devront commencer à partir des régions du nord déjà hostiles au régime MPS, des régions déclarées zones militaires, où la circulation des civiles sera plus que règlementée, des civiles qui seront considérées comme des ennemis, des citoyens de seconde zone, mieux, des rebelles… À suivre.  

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