Les propriétaires des engins à moteur de la capitale N’Djamena ont renoué depuis hier dans l’après-midi avec la course à la recherche du carburant. Cette situation de manque de carburant surtout de l’essence perdurait jusqu’à ce midi.

 

Les stations de service sont désertes et on pouvait apercevoir des pompes bâchées. Beaucoup de personnes s’interrogent sur les vraies raisons de cette rupture brutale. De l’avis des pompistes et du ministre du pétrole (via sa page Facebook) il n’y a pas de pénurie. C’est simplement un problème de rupture du ravitaillement intervenue le week-end dernier.

 

Les responsables en charge du ministère du pétrole tiennent à rassurer qu’il n’y a pas pénurie et que le prochain arrêt de la raffinerie est prévu pour le début de l’an 2018. La raffinerie tourne 24h/24 pour produire suffisamment du carburant pour le besoin national. Et aussi que la quantité sera augmente pour résorber le manque dans certaines stations de la périphérie de la ville nous rassure-t-on.


L’actualité reste dominée par la crise sociale et économique du pays. Chaque parution en va de son commentaire. Revue de presse des journaux parus dans la semaine du 13 au 19 avril.

 

« Ça bouge sur le front social», titre à sa Une l’Hebdomadaire l’Observateur. Les agents de l’Etat commencent donc par comprendre l’alerte qui a été donnée par le président Déby, lors du traditionnel discours à la nation le 31 décembre 2014 où il avait annoncé que l’année 2015 sera difficile. Si les autres agents de l’Etat, poursuit le journal, observent un mutisme par rapport à cette crise de trésorerie, le Syndicat des enseignants du Tchad (SET) vient de renouer  avec les vieux démons. Lui qui a été à l’origine de l’année blanche en 1990.

 

Pour l’éditorialiste de N’DJAMENA HEBDO, c’est «le contrecoup de la gabegie». La situation que nous vivons, précise le journal, où l’Etat peine à assurer le minimum de ses obligations auprès de ses agents et fournisseurs, est inconcevable dans un pays qui engrange annuellement, depuis plus de dix ans, au minimum 1000 milliards francs CFA de recettes pétrolières, sans compter divers impôts directs et indirects. Ce pactole, selon N’DJAMENA HEBDO, a rendu fou les dirigeants qui ont dépensé sans discernement, investi à tort et à travers, détournant davantage par la fausse facture. Mais ils ont oublié de constituer un fonds de réserve pour les moments difficiles comme ceux que nous vivons actuellement. Pour l’éditorialiste de la Voix, « le pire reste à venir!»

 

«Ruine financière, marasme économique, climat social tendu…le Tchad a-t-il son plan B?» s’interroge toujours la Voix, le journal de Djambal Barh. Depuis plusieurs mois, le pays de Toumaï subit de plein fouet et sans limite les affres de la chute du prix du baril du pétrole. Il tire le diable par la queue. Le journal observe qu’à l’allure où vont les choses l’hypothèse d’une faillite de l’Etat n’est pas à exclure si aucune solution urgente n’est pas entreprise.

 

La politique retient également l’attention des journaux de la semaine notamment celle intérieure.

 

«Le démantèlement de l’Etat moderne», note à sa page 3 N’DAMENA HEBDO. Idriss Déby Itno ne rêve que d’une chose, la monarchie absolue au Tchad. Depuis son accession au pouvoir, il s’attèle au démantèlement total de l’Etat moderne. Usant abusivement d’un pouvoir que lui confère la loi, Déby s’est lancé dans une injustifiable démultiplication des cantons particulièrement dans la région septentrionale. Le journal d’observer qu’on assiste à une naissance d’une nouvelle administration au Tchad et ne soyons pas surpris que demain l’on décrète la fin des unités administratives, transfère le pouvoir aux chefferies nouvelles. Avant de conclure qu’au Tchad, le royaume est bien né.

 

«Le Lycée Félix Eboué menacé de délocalisation?» s’interroge à sa Une la Voix. Il se nourrit de plus en plus dans les living-rooms des hommes politiques proches du pouvoir, une obsédante idée de voir le Lycée Félix Eboué délocalisé pour être relocalisé ailleurs, loin du centre-ville. Pour cet hebdomadaire, les récentes manifs des élèves de ce lycée contre le port obligatoire de casques seraient à l’origine de ces rumeurs. Pour lui, il ne faut pas s’empêcher d’imaginer les effets boomerang qu’une telle décision visant à délocaliser cet établissement scolaire de  son emplacement historique pourrait créer.

 

La Voix qui a trainé son regard dans le milieu éducatif observe que les universités du Tchad sont les plus médiocres. D’après lui, depuis le lancement de l’évaluation des universités africaines, aucune université du Tchad sur les cinq (5) n’a été citée parmi les tops 100. Pour la troisième fois consécutive, les universités d’Afrique du Sud restent les meilleures sur le continent. En Afrique francophone, c’est le Burkina Faso. Le journal de conclure que le défaut du Tchad vient de ses enseignants et structures de formation.

Lire l’article sur tchadinfos.com

 

224 Vues

Il n'y a pas encore de commentaire pour cet article