Depuis plusieurs mois, des fonctionnaires de divers ministères avec la complicité de leur ministre s’adonnent à délivrer des documents afin de permettre d’abord d’obtenir des passeports de services, puis d’user et d’abuser les services consulaires afin d’immigrer en Europe et en Amérique.  

 

Le mobile est simple, vous devez vous mettre en contact avec une personne à la tête de cette filière, qui est à son tour en contact direct avec le ministre en question. Vous réglez la somme de 2 millions de FCFA qui vous donne le droit d’obtenir un ordre de mission officiel avec la signature et le cachet du ministère. Commence alors pour vous un autre périple, celui de faire les démarches afin d’obtenir un passeport de service de l’état tchadien. Encore de bakchich et votre document devrait vous être remis en bonne et due forme. Puis vous vous rendez à l’ambassade de France pour les démarches et la demande pour l’octroi d’un visa Schengen.

 

Votre mission supposée serait vers le Canada, car toutes les personnes rencontrées à Paris avouent qu’ils partent en séminaire à Montréal. Vous faites la démarche depuis N’Djamena de contacter une école où un centre de formation avec lequel vous tomber d’accord, vous devrez verser entre 1000 à 1500 euros d’inscription au séminaire. L’école vous fournit un document à joindre pour le dépôt du visa à l’ambassade du Canada à Paris.  

 

Sur 42 personnes en partance pour le Canada, 38 ont pu atterrir à Montréal pour ne plus revenir. Une immigration semi légale. Tous des personnes ordinaires, dont la moyenne d’âge est entre 23 à 32 ans, et aucun d’entre eux n’a travaillé à la fonction publique. Parmi eux, 4 personnes ont été recalées par l’ambassade du Canada à Paris, et ont fini par rester en France, à la recherche des papiers français. 

 

En faisant cette investigation, l’équipe de Tchadanthropus-tribune s’est heurtée à plusieurs barrières, d’abord au Tchad, ensuite auprès de certaines personnes partant pour le Canada, qui avaient refusé de faire un témoignage direct. Les fonctionnaires des ministères indexés avouent dans l’anonymat certaines pratiques et affirment que cela se passe dans les cabinets directs des ministres. Et que le 1er ministre Pahimi Kalzeubet est au courant. La copie des documents officiels remis à notre intention va prouver par essence les dits et le fonctionnement de cette filière qui usurpe les documents de l’état pour en faire des vrais faux et usage de faux. Bien sûr, il peut toujours avoir des gens qui contesteront ces documents, mais que fait-on des signatures des ministres et les cachets des départements ministériels ? 

 

C’est qui heurte encore l’esprit de nos compatriotes, ce que ce sont encore ces gens haut placés, qui après avoir sucé jusqu’à la moelle les deniers du peuple, continuent de s’enrichir sur son dos en utilisant tous les moyens possibles, pourvu que cela rapporte de l’argent. Tous, des ministres, des directeurs généraux ou des responsables de départements qui ne se suffisent plus à leur salaire, mais doivent souiller le peuple tchadien, le nom du Tchad et ses emblèmes pour exister.

 

Exister… même si c’est pour une fraction de seconde.
 

La Rédaction.




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