Installé lundi dans ses fonctions de nouveau maire de N’Djamena, Ali Haroun hérite d’une municipalité "à problèmes". Depuis 2009, six de ses prédécesseurs ont déjà dû démissionner pour mauvaise gestion. Lundi 20 janvier, Ali Haroun a retrouvé pour la deuxième fois la mairie de N’Djamena – il en a déjà été l’édile non élu de 1996 à 2001. Mais l’allégresse de ses partisans dissimule à peine les difficultés qui l’attendent dans une municipalité marquée par de nombreux scandales (six maires ont été débarqués depuis 2009 pour mauvaise gestion avérée ou supposée) et qui cherche sa voie par une autonomie financière encore hors de portée.

Ali Haroun, 55 ans, a pour adjoints Atidjani Nourene, Saleh Kochi et Fatime Douga Bartchiret. La nouvelle équipe, qui remplace celle dirigée par Abdelaziz Saleh Damane, a été désignée après plusieurs jours de pourparlers au sein du Mouvement patriotique du salut (MPS, au pouvoir), majoritaire au sein du conseil municipal, mais qui n’arrivait pas à s’entendre sur la nécessité de débarquer une partie ou l’ensemble de l’exécutif municipal. Les partisans de la seconde option l’ont finalement emporté.

Budget estimé : 20 milliards de F CFA

Au-delà du jeu de chaises musicales, le principal défi pour les arrivants est de restaurer la confiance avec les membres du conseil municipal et les dix mairies d’arrondissement avec lesquels ils seront appelés à partager un budget estimé à une vingtaine de milliards de F CFA.

Conscient de la situation, le nouveau maire a expliqué lundi qu’il entendait travailler dans un esprit de "cohésion" aussi bien avec son conseil municipal que ceux des mairies d’arrondissements. "Je dirais qu’il y a eu un problème de communication entre l’équipe sortante et les conseillers. La mairie a énormément de problèmes financiers et d’interprétations des textes avec les communes d’arrondissements. Je m’engage à travailler dans la clarté et la cohésion", a-t-il indiqué. Une posture nécessaire pour instaurer la sérénité dans le partage des ressources avec les mairies d’arrondissements. Ce n’est qu’après qu’il pourra s’attaquer aux problèmes des n’djaménois que sont la collecte des ordures ménagères, la lutte contre l’insécurité, les inondations, etc. Des problèmes urgents qu’il faudra résoudre aussi pour accueillir, en 2015 et pour la première fois, un sommet des chefs d’État de l’Union Africaine.

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