Le Tchad notre pays a beaucoup souffert des crimes économiques de tous genres commis par certains agents pourtant censés servir loyalement l’Etat. Cependant, certains faits et gestes sont beaucoup plus flagrants et méritent d’être évoqué.

Aujourd’hui nos sources s’intéressent à monsieur le 2e fondé de pouvoir du trésor public alias l’Empereur du trésor de son vrai nom Djougoune Ahamat Charfadine. Ce dernier est un semi analphabète sans diplôme qui n’a autre que le BEPCT, obtenu en 2000, et dont curieusement l’ENAM lui a ouvert les portes en 2002 suites aux affinités des parents, puis nommé au poste de 2e fondé de pouvoir à la trésorerie paierie générale depuis 2008. Poste qu’il occupe toujours, grâce aux espèces sonnantes et trébuchantes.

Le semi analphabètes est un homme singulièrement rusé, opportuniste et il entretient un vaste réseau de clientélisme constitué des généraux analphabètes auprès d’Idriss Deby et autres obligés très friands des espèces liquides ayant une influence certaine dans les cercles de décision.

Pour influencer les agents de la trésorerie paierie générale Djougoune fait venir dans son bureau quelques généraux et responsables politiques qui gravitent dans la cour du palais Rose. Ceci pour dire à qui veut l’entendre qu’il est puissant et qu’il utilise ce trafic d’influence avec véhémence et insolence. Les milliers de détournements lui a permis de bâtir un empire des biens mal acquis alors qu’il est un simple assistant du trésorier payeur général avec une rémunération mensuelle, à la modique somme de 172 900 FCFA. Monsieur l’Empereur dispose un immense patrimoine immobilier constitué de plus de 10 villas construits à N’Djamena, mais aussi à Abéché. Des camions de transports, des citernes et un troupeau de plusieurs centaines de têtes de bétails toutes catégories confondues. Rien que pour l’année 2014, monsieur Djougoune a fait venir plus d’une trentaine de ses parents du village et les a envoyer au pèlerinage, bien que cela soit un acte salutaire si l’origine de l’argent est licite. Alors quelle est donc la source de cette richesse insolente ? Ou bien c’est un héritage délocalisé depuis son village?


– D’abord, ce sont des pourcentages imposés sur les approvisionnements de fonds aux différents comptables ;

– Ensuite, des falsifications des titres de paiement et autres valeurs du trésor ;

– Enfin, les trafics d’influence de tous genres; 

Notre Empereur est en charge du mouvement de fonds entre les postes déconcentrés du trésor public. Une activité somme toute normale. Cependant, le mode opératoire l’est beaucoup moins. En effet, celui-ci a fondé un système de gestion opaque et fait essentiellement des instructions transmises oralement par téléphone et impliquant un nombre important des trésoriers régionaux et départementaux. C’est un système instauré par l’Empereur pour que sa responsabilité ne soit pas engagée en cas d’éventuels contrôles.

Il s’agit concrètement des détournements enrobés dans les mouvements de fonds servant à combler les déficits signalés dans les paiements de salaires par les services déconcentrés du trésor. Ce genre des situations est très fréquent dans une année. Plutôt que de convoyer le fonds nécessaires pour couvrir les gaps, notre Empereur, choisit systématiquement d’envoyer le montant global des masses salariales régionales et organise le pillage systématique des recettes réalisées localement avec la complicité des receveurs de la trésorerie et de ses patrons sans doute. Cet état de fait n’est-il pas la cause même des tensions chroniques de la trésorerie dont souffre notre pays ? De toute évidence, notre trésor public est structurellement malade et nécessite désespérément une prise en charge clinique. Espérons toute fois que les plus hautes autorités du pays daignent s’y pencher. Sinon notre Trésor Public est devenu un marécage des cyniques où règnent le détournement, le blanchissement, le trafic, l’arbitraire et la terreur.

 
Brahim Adoum

 

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