Mahamadou Issoufou dirige désormais le pays du Sahel le plus exposé à la montée des périls dans la région. D’où sa supplique pour une intervention internationale en Libye. 

 

Alors que la situation n’est toujours pas stabilisée au Mali voisin, malgré le déploiement à proximité de la frontière commune des casques bleus de la Minusma, parmi lesquels quelque 800 soldats nigériens, le flan Nord du Niger connaît de graves menaces sécuritaires. Les principales causes résident dans la recrudescence des trafics de drogue et d’armes à la frontière avec l’Algérie, ainsi que dans la hausse des infiltrations djihadistes en provenance du sud de la Libye, où se sont repliés les combattants d’AQMI et du Mujao après le lancement de l’opération Serval. 

A l’Est, aux confins du Tchad, tout comme au Sud, frontalier du Nigeria, la menace de Boko Haram s’est accentuée ces derniers mois à tel point que, de part et d’autre du lac Tchad, les membres de la secte islamiste nigériane et les soldats de l’armée nigérienne se regardent désormais en chiens de faïence. La vigilance est également de rigueur dans l’extrême-Est du pays, où sont localisés les principaux sites pétroliers exploités par la China National Petroleum Corp. (CNPC). 

Ce contexte conduit Niamey à envisager de revoir de fond en comble sa politique géostratégique. Les autorités du pays devraient procéder, dans les prochains mois, à la construction d’infrastructures militaires et au redéploiement d’importants effectifs, actuellement positionnés près de la frontière avec le Mali et dans la capitale, vers ces nouveaux foyers potentiels de déstabilisation. L’enjeu est de taille pour cette modeste armée, qui compte 12 000 hommes, comme pour le budget du Niger, l’un des pays les plus déshérités au monde. 

 

La Lettre du Continent.

 

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