Nous avons jusque-là relaté le témoignage des personnes qui se sont présentées à ce procès en tant que victimes ou témoins. Nous avons rapporté leurs histoires et relevé les incohérences en mettant en exergue les points faibles de leur témoignage. Nous nous intéressons cette fois-ci à l’équipe des avocats de la partie civile, particulièrement sa composante tchadienne dirigée par Me Jacqueline Moudeina.

 
Le pool des avocats de la partie civile est composé de 18 juristes de différentes nationalités (tchadienne, sénégalaise, française, belge, américaine, etc.) contre 3 avocats commis d’office, tous des sénégalais qui ont eu seulement 45 jours pour se préparer. N’ayant pas pu se rendre au Tchad pour s’imprégner un peu du dossier, il aurait été plus équitable de commettre à leur côté un avocat tchadien pour leur permettre de mieux comprendre certains événements politiques et aussi connaître l’histoire de certains de ces témoins ou victimes. Mais hélas.


Force est de constater que la prestation de Jacqueline Moudeina et de sa bande a été particulièrement médiocre voire même lamentable. Un véritable désastre pour le barreau tchadien. Comme l’a confessé la mascotte de Reed Brody dans l’affaire Habré, Clément Abaifouta : "Parler devant la presse et raconter n’importe quoi, n’a rien à voir avec s’adresser à des juges dans un tribunal.". Jacqueline Moudeina a appris à ses dépens. Elle qui se croît une grande Avocate de renommée internationale, dopée par autant de prix et distinctions bidons arrangés par HRW et FIDH pour la cause, positionnée un peu partout pour des interviews dans les médias françafricains et locaux, elle pensait sérieusement être dans la robe d’une grande avocate star dans un procès à grande audience. Pour qui connait Jacqueline Moudeina, sait que sa formation est boiteuse, une maîtrise en droit public "obtenue" à l’université Mariem Gouabi de Brazzaville en 12 années alors que le cursus normal est de 4 années ! Ayant quitté le Tchad en 1979 avec la chute du régime Malloum-Kamougué, elle rentre au bercail en 1995 et effectue un stage au cabinet de Me. Doumro pour passer avocate. En même temps, elle intègre la Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH). Une organisation très politisée et complaisante avec le pouvoir. Rappelez-vous, malgré l’assassinat odieux de son vice-président Me Joseph BEHIDI, la LTDH a eu l’indécence d’attribuer à Idriss Deby un prix des droits de l’homme. LTDH brille aussi par sa composition sectaire exclusivement de Sudistes dont les actions ont été sévèrement critiquées par les observateurs de la scène politique, notamment les politico-militaires victimes de la répression sauvage du régime Deby.

 

En 1998, Reed Brody débarque au Tchad, emmené par Me Delphine Djiraibé pour l’affaire Habré. Mais c’est Jacqueline Moudeina qui s’accapare du rôle principal, Delphine prudente au début de l’affaire, la rejoint vers la fin. C’est ainsi que Reed Brody ouvre à Jacqueline un Cabinet à N’Djamena et l’intègre dans la fameuse coalition internationale pour le jugement d’Hissein Habré. Aucune affaire de justice traitée ces 15 dernières années par le virtuel Cabinet de Jacqueline Moudeina sinon que la seule et unique affaire Habré. Comparée à ses homologues sénégalais qui déclinent chacun un CV condensé de 20 pages minimum, Jacqueline Moudeina se présente en vraie toto judiciaire ! Elle a un discours plutôt politique que juridique. Une lourde lacune qui a été soigneusement camouflée par les spécialistes de la communication de HRW et FIDH. Me Moudeina n’a jamais été des analyses et débats houleux sur les innombrables décisions de justices qui ont opposé son camp à celui du Conseil du Président Hissein Habré.

 

Un autre constat révélateur : Jacqueline Moudeina a composé une équipe majoritairement féminine dont elle est le chef incontesté, malgré son ignorance notoire. Cette équipe est à l’image de la LTDH, exclusivement Sudiste. Est ce un hasard ? NON. C’est à croire qu’il n’y a pas d’avocats Nordistes au Tchad ou bien auraient-ils refusé de se constituer dans cette affaire ? Et pourtant, 3/4 des plaignants sont des Nordistes (Zaghawa, Hadjaraï, Arabe et Sara). 

 

En tant que Chef, Jacqueline s’approprie le privilège de se lancer toujours la première et bonjour les dégâts. D’abord, le français lui fait des tours et cela n’a pas échappé à la Cour, à ses confrères, aux journalistes et même à l’assistance. Par exemples : elle ne sait pas quand est ce qu’il faut employer "pénitencier" et "pénitentiaire". Ensuite, le pire est constaté dans la perte du fil de ses idées quand elle interroge les témoins ou victimes. C’est encore plus surprenant quand il s’agit des prétendues victimes du septembre noir, son sujet de prédilection. Elle a son film en tête mais quand elle commence à poser ses questions, elle se plante au bout de 5 à 6 questions, incapable de mener le témoin dans la chronologie de son histoire pour ressortir la gravité des faits à l’appréciation de la Cour. Cela est une preuve de manque d’expériences en la matière. Comparativement, nous avons tous vu comment les Avocats commis d’office ont manœuvré. Tels d’experts.

 

En fin, Me Jacqueline Moudeina et son équipe d’avocats tchadiens ont montré un visage exécrable de l’indépendance d’un Avocat Tchadien. Ils ont tout simplement déserté le banc quand M. Zakaria Fadoul Kitir témoignait. Tout le monde connaît le différent qui a opposé l’aile dirigée par Ismaël Hachim (décédé et remplacé par Zakaria Fadoul) à celle du duo Jacqueline-Clément. Une sordide affaire de détournement de fonds récoltés aux noms des « victimes » du régime Habré. Une affaire soldée par la Justice à N’Djamena et qui conduit à l’éclatement de la coalition. Dans son témoignage, Zakaria Fadoul ne les a pas épargné non plus, il a clairement : "Il n’y a jamais eu de septembre noir en 1984. C’était une rébellion armée qui a été défaite.". C’est cela que les Avocats Sudistes de la partie civile ne voulaient pas entendre. Un autre fait mérite aussi d’être souligné, c’est l’audition du Prince d’Amdjarass, Oumar Deby Itno. Jacqueline Moudeina et son équipe sont restées gueules fermées, elles n’ont osé poser une seule question au petit frère du roitelet Idriss Deby Itno, financier et protecteur de toute cette bande. Jamais durant ce procès, Jacqueline et les autres n’ont cité, ne serait ce qu’une seule fois, le nom d’Idriss Deby Itno. Une preuve supplémentaire de leur dépendance et du caractère politique de leur engagement dans l’affaire Habré. Le fameux Dr Nahor, tout comme le Magistrat Mahamat Hassane Abakar et bien d’autres témoins qui scandaient "vive le MPS", nous ont édifiés sur ce plan politique de l’affaire.


Et vous me direz les autres ? Aussi incroyable que cela puisse paraître, les autres (plusieurs femmes et 1 homme) sont aussi nuls que leur chef Jacqueline. Durant tout ce procès, nous n’avons pas été attirés une seule fois par leur prestation. A peine commencer leur interrogatoire, ils arrêtent, laissant tout le monde sur sa faim. Il y a une dont j’ignore malheureusement le nom (la 3ème sur la photo, à droite) est adepte des questions inutiles. Dernièrement elle questionnait un témoin qui aurait vécu un massacre dans son village au Sud du Tchad en 1984 en ces termes :


  Qui était le chef du village en septembre 84 quand l’attaque a eu lieu ?
 C’était mon père.

§         Est ce qu’il est toujours le chef du village ?
 Non, il est décédé en 1992.

§        Il n’a donc pas été tué lors de l’attaque.
Non.

§        Qui est le chef du village maintenant ?
C’est moi.

§        Donc c’est vous qui avez été choisi pour le succéder ?
Oui

§       Quand est ce que cela s’est passé ?
C’était en 1992.
 

 

Elle ne posera pas les questions essentielles sur le fait rapporté par le témoin surtout que le chef du village n’a pas été impliqué dans le "drame". De peur peut être de mettre les témoins en difficulté et surtout quand ces témoins déclarent parfois ne pas reconnaître leur déposition et signature pourtant consignées sur PV. Ces questions gênantes posées aux témoins par la partie civile ont provoqué l’ire du gourou Reed Brody qui a passé un savon aux avocats sénégalais et leur a demandé de laisser Jacqueline poser les questions que lui même les a déjà préparées pour elle.


Faut-il vraiment s’étonner de cette nullité quand on sait que la médiocrité règne en maître absolu au Tchad depuis un quart de siècle. Partout ce sont les totos qui dirigent, guident et représentent le pays. Dans ce cas précis, le barreau tchadien est humilié, sali et déshonoré devant le monde entier par des avocates de bas étages, plus préoccupées par les pécules perçues et le commerce de marchandises (produits éclaircissants, tissus, etc.) qu’elles ramènent au pays. Basta !

 

Moustapha Brahim

nonproceshh@yahoo.fr
http//www.facebook.com/nonproceshisseinhabre.com/

 

 

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