(Khartoum, 2 novembre 2013) – Deux groupes rebelles du Darfour ont publié samedi une déclaration conjointe condamnant l’immixtion du président tchadien dans les affaires intérieures du Soudan et son soutien au régime soudanais, et appelant à l’inculper pour son rôle dans des crimes de guerre au Darfour.

Le Président Idriss Déby a organisé une réunion pendant deux jours , les 25 et 27 Octobre 2013, dans la ville frontalière d’Amdjaress, en présence des chefs tribaux Zaggawa de la région du Darfour. Le ministre d’Etat soudanais chargé du dossier de la paix au Darfour, Amin Hassan Omer, et le responsable de l’Autorité régionale du Darfour, Tijani El- Sissi, ont pris part aux discussions. Selon les allégations du Mouvement pour la Justice et l’Égalité (JEM) et du Mouvement de libération du Soudan de Minni Minnawi (SLM -MM), Déby avait promis lors de la réunion une « guerre féroce » contre ces deux groupes qui sont dirigés par des membres de deux clans différents Zaggawa, s’ils refusent l’accord de paix dans le contexte des revendications ethniques, disaient-ils.

La déclaration qui est signée par le chef du JEM Gibril Ibrahim et le SLM-MM, son président Minni Minnawi, a exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies et l’Union africaine pour condamner «cette ingérence flagrante dans les affaires du Soudan».

Ibrahim et Minnawi ont, en outre, accusé le président tchadien d’implication dans des « crimes de nettoyage ethnique et de génocide au Darfour », affirmant qu’il a personnellement participé au lancement de la campagne de contre-insurrection en 2004 qui a entraîné la mort de plus de 300.000 civils, selon l’estimation des agences des Nations Unies.

Les groupes rebelles ont appelé la Cour pénale internationale (CPI) d’enquêter sur le rôle de Déby dans les crimes au Darfour, en disant qu’il est un «complice» avec le président soudanais Omar Al-Bashir , qui est accusé de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour.

Des sources tribales à Khartoum disent que les autorités soudanaises avaient participé à l’ organisation de la réunion et à l’invitation des chefs tribaux Zaggawa du Soudan.

Après de longues années d’accusations de soutien aux groupes rebelles des deux côtés, Khartoum et N’Djamena ont convenu en 2010 de travailler ensemble pour parvenir à la paix au Darfour et déployer une force conjointe pour prévenir les attaques transfrontalières par des groupes rebelles.

L’année dernière, le Tchad a facilité les pourparlers de paix entre le gouvernement soudanais et une faction dissidente du MJE dirigé par Mohamed Bachar qui a signé un accord avec Khartoum en avril dernier.

Après la mort de Bashar dans des affrontements avec leurs anciens camarades près de la frontière tchadienne en mai dernier, les groupes rebelles ont affirmé que les troupes tchadiennes ont été déployés au Darfour pour chasser les combattants du MJE et les expulser de la province.

 

Traduit de l’anglais par TchadPages

( ST )

Source: sudantribune.com 
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