Le 5e Congrès du Mouvement Patriotique du Salut (MPS)  du 19 au 21 Octobre 2012, a été une autre occasion pour Idriss Deby de faire montre d’autosatisfaction  au moment où le Tchad est classé parmi les pays les plus corrompus au monde par Transparency International et que l’indice de développement humain dans le pays est également très bas selon les critères de l’Organisation des Nations Unies.

Le Tchad se désagrège dans un chaos, s’enfonce dans la misère et le désespoir. Le blocage est presque total sur tous les plans. Pris en otage, le peuple Tchadien agonise dans l’indifférence de la communauté africaine et internationale. Au même moment, les partis d’opposition de l’intérieur comme ceux de l’extérieur sont désemparés. Ils n’ont pas les moyens de leur combat. Et la société civile est tout aussi incapable de changer le cours des choses. Tous voient s’éloigner leur rêve d’établir au Tchad un vrai Etat de droit fondé sur une démocratie réelle et dynamique au profit de l’ensemble du peuple tchadien. Dans le contexte actuel,  les voies constitutionnelles ne permettront pas le changement tant attendu. C’est pour cette raison que nous avons mis sur pied L’Union des Forces pour la Résistance  (UFR). Mouvement national, structuré et discipliné, qui coopère avec tous les partis d’opposition et les mouvements politico-militaires  nationaux tous unis par la nécessite de réaliser une victoire décisive contre le régime de Deby.

En  plus de mettre fin à ce régime, notre combat vise à instaurer au Tchad un régime progressiste et respectueux des droits de l’homme. En menant un tel combat nous savions que la tâche ne nous serait pas facilitée par les réseaux de la Françafrique, toujours prompts à soutenir Deby, et  nous n’avions pas pris en compte la décision de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), depuis lors remplacée par l’Union africaine (UA), d’exclure de ses instances les régimes arrivés au pouvoir par les armes.

Les Etats membres de l’OUA avaient cependant omis de faire le départ entre les coups de force, par principe condamnables, et leur nécessite dans certaines circonstances dont l’objet est de créer les bases d’une vraie démocratie à partir d’interventions militaires pour qu’elles ne soient plus d’actualité à partir du moment où les bases de la démocratie auront été assainies. Aucune disposition n’avait été prévue pour légitimer pareil cas de force majeure. Or il existe dans les sociétés politiques francophones, surtout en Afrique, des conditions autocratiques et antinationales créées et entretenues par la Francafrique qui sont génératrices de rupture de l’ordre établi. Dès lors, le recours à la force est inévitable et salutaire. Sous cet éclair, il est logique, voire légitime, d’envisager le renversement du régime d’Idriss Deby. Personne ne devrait le regretter. Réaliser un tel but revient à faire œuvre de salubrité nationale et internationale.

En luttant contre  Idriss Deby nous faisons le choix d’utiliser tous les moyens pour combattre la tyrannie. Aujourd’hui la situation internationale a changé. Le nouveau président de la République française a déclaré que le temps de la Françafrique est révolu. Il fait de la démocratie et des droits de l’homme une de ses priorités. Il considère que la démocratie, les droits de l’homme, le pluralisme, le respect de la liberté d’expression ainsi que celle de tous les êtres humains de choisir ses dirigeants sont des valeurs intangibles.

Dès lors, l’UFR dont les moyens militaires et humains sont intacts, ayant la capacité de reprendre la lutte armée à tout moment, sursoit cependant à cette action pour demander l’organisation  d’un dialogue national inclusif. Ce dialogue aura pour objectif de poser les jalons de la résolution définitive et globale de la crise tchadienne.

L’UFR pense que les nouvelles donnes internationales, surtout françaises, sont favorables à la recherche des moyens d’instaurer un Etat de droit qui permettra de mettre en place des institutions capables de satisfaire les attentes des populations Tchadiennes.

Le dialogue envisagé mettrait à plat les problèmes du pays et devrait aussi permettre aux acteurs politico-militaires de l’opposition d’indiquer clairement leur position. Ils pourront clarifier le rôle qu’ils comptent assigner à leurs hommes armés dès la mise en place d’une transition au pouvoir. L’enjeu est de la réussir et de mettre en place de nouvelles institutions. Nous sommes convaincus que, pour atteindre ses objectifs, le processus de transition doit se dérouler dans un climat de confiance afin que toutes les parties impliquées s’y retrouvent et que les bases d’une paix durable soient établies.

 

 

 

Fait à Doha, le 01/12/12

                                                                                        Hussein  ERDIMI

                                                                                        Président de l’Ufr

 

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