Pendant la semaine papale, Dr Hawa Outmane Djame, Déléguée du gouvernement auprès de la Commune de N’Djamena, a été l’invitée de la Télé Tchad. Dr Hawa n’a rien à voir à une Sittiri ou à une Ittire, à l’échelon du Tchad, c’est un grand cadre et on peut oser dire que c’est une intellectuelle : Bac scientifique, doctorat en médecine en Russie, responsable des Projets de lutte contre le sida, etc.  Voyez vous, Hawa n’est donc pas n’importe qui. Originaire du Chari Baguirmi, native de N’Djamena, elle connaît les ndjamenois et leur culture ; elle a jeté aux ordures la blouse blanche pour se frayer un chemin dans la politique et c’est tout naturellement qu’elle s’est retrouvée dans les bras des ténors du MPS : militante, membre de tous les bureaux et toutes les commissions du MPS à N’Djamena, membre de la CENI, membre du gouvernement, déléguée du gouvernement, etc. Son raisonnement et son attitude lors de cette rencontre avec les journalistes, sont loin d’être innocents ou naïfs,  c’est en pleine connaissance de cause, de manière la plus consciente qu’elle défend le système, avec la fougue d’une arriviste qui tient coute que coute à plaire à son chef, à tout prix : griotisme, mauvaise foi, mensonge, perversion des faits, etc. Quelques uns des points abordés lors de cette rencontre et les réponses de la Déléguée du gouvernement (résumé)
 


– Le rôle du Délégué du Gouvernement et le conflit des compétences:
 « on ne peut pas laisser la capitale du Tchad entre les mains de n’importe qui et que le gouvernement doit avoir son œil dans ce que fait le Maire. Dans tous les pays, c’est comme ça » Aucun journaliste présent n’a osé lui dire que c’est archi faux. La désignation d’un délégué auprès de la commune, est une tradition des dictatures qui refusent d’accepter le choix populaire, c’est une entorse à la volonté populaire. Dans les vraies démocraties, l’Etat, représenté souvent par un Préfet ou Gouverneur et la commune, ont des responsabilités, certes complémentaires mais  différentes ; et en particulier le représentant du gouvernement n’a aucun droit pour renvoyer un élu du peuple comme vient de le faire la représentante du pouvoir de N’Djamena.


– L’insécurité : 
un journaliste ose « et l’insécurité… » « Combien des cas ? », l’interrompt brutalement la déléguée ! « Vous me citez 2, 3 ou au maximum 4 cas dans tout le Tchad, alors qu’en France on attaque les fourgons blindés, aux usa ce sont des bandes organisés qui dictent leurs lois, non il ne faut pas déconner, N’Djamena est la plus sûre et la plus sécurisée du monde, Demandez aux ambassades et aux ONG. »

            
– Le prix du ciment… « je suis née dans une maison en potopoto et j’y ai grandie, quand on n’a pas des moyens, il faut se satisfaire de ce qu’on n’en a. Le ciment tchadien est le moins cher de tous les ciments de la sous région, si quelqu’un ne peut pas s’en offrir, ce n’est pas la peine de crier sur tous les toits, il faut vivre dans les potopoto. »

– N’Djamena la vitrine de l’Afrique ? « Non, la vitrine du monde !! Il n’y a pas dans le monde aucune ville qui a construit autant d’édifices en très peu de temps comme l’a fait N’Djamena ! » On doit organiser un voyage d’études à la Déléguée au Ruanda qui est proche du Tchad, à Dubaï  ou au Qatar.

On ne peut citer ou rapporter toutes les niaiseries relatives, à l’éducation, à la santé, à l’économie, etc., de la Déléguée du gouvernement dans son entretien de presque 2h avec la presse tchadienne ; par contre un détail frappe le téléspectateur : c’est l’attitude des journalistes. Une passivité patente ! La déléguée a parlé, les journalistes sont restés muets, à peine s’ils osaient ouvrir la bouche poser une question. La Déléguée est un médecin de formation, mais elle a parlé de la loi qui régit les relations entre la Délégation et la Commune, comme une professionnelle ! La Déléguée tord la loi, la perverti, la déforme, la malmène, elle est souvent hors sujet, mais aucun journaliste n’ose la contredire. Autant, malgré ses mensonges, sa mauvaise foi et son griotisme aberrant, on est admiratif devant l’aisance d’une Déléguée qui parle sans interruption, gesticule, se fâche, plaisante, sourit et se fait même coquette et plus féminine, autant on est scandalisé devant la passivité des journalistes ; pas de contradiction, pas des questions qui fâchent. 3 hommes droits comme i, on dirait qu’ils ont avalé des tiges de bambou, qui ont passé leur temps à regarder fixement de manière inexpressive la personne qu’ils sont censés interroger et de la contredire. De l’incompétence ? De l’indifférence ? De la peur de subir les affres des autorités de tutelle ?

Un téléspectateur (N’Djamena) 

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